Reynald Pedros affiche une ambition claire pour les Éléphantes
Reynald Pedros ne cache pas l’horizon qu’il vise avec la Côte d’Ivoire: la qualification directe pour la Coupe du monde 2027. Le sélectionneur des Éléphantes veut passer par une CAN féminine réussie, avec une place dans le dernier carré comme objectif assumé. Après une entrée en matière convaincante contre le Burkina Faso, son équipe a déjà envoyé un premier signal fort, mais le technicien français refuse de s’emballer trop vite.
Depuis janvier 2025, Pedros travaille à installer une sélection capable de franchir un cap. Le succès 4-1 face au Burkina Faso, lundi, a mis en lumière une équipe déjà bien organisée. Pourtant, le cadre du tournoi impose la prudence: les matchs s’enchaînent vite et chaque erreur peut coûter cher dans un groupe serré.
Une préparation pensée pour tenir la distance
Le sélectionneur ivoirien revient sur une préparation bâtie dans le détail. Les joueuses ont travaillé à Abidjan du 25 juin au 12 juillet, avec un groupe d’une trentaine d’éléments. Plusieurs internationales majeures manquaient alors à l’appel, notamment celles évoluant au Bayern, à Washington ou à Nordsjaelland, arrivées plus tard dans le rassemblement.
Ce temps de travail a surtout servi à poser des bases physiques solides. Ensuite, le groupe a rejoint le Maroc, où l’effectif a été resserré progressivement. Les deux tests amicaux, perdus contre le Ghana puis remportés face au Mali, ont permis au staff de mesurer les forces en présence et d’offrir du temps de jeu à l’équipe type.
CAN féminine: le test sud-africain arrive déjà
Le prochain rendez-vous contre l’Afrique du Sud, vendredi à 19 heures, s’annonce d’un tout autre calibre. Pedros l’assure: l’opposition n’aura rien à voir avec le premier match. Les Sud-Africaines font partie des favorites du tournoi, avec une vraie maîtrise technique, de la patience dans la construction et des mouvements offensifs bien huilés.
Le contexte peut aussi rebattre les cartes. Battues par la Tanzanie, elles doivent réagir rapidement pour ne pas se compliquer la suite de la compétition. Pour la Côte d’Ivoire, une victoire ouvrirait grand la porte de la qualification. Dans un groupe homogène, chaque point compte, et chaque scénario peut basculer très vite.
CAN féminine: le dernier carré comme voie vers le Mondial
Au-delà du match à venir, l’enjeu fixé par le staff est limpide: sortir du groupe, puis atteindre les demi-finales. Cette étape ne serait pas seulement une réussite sportive. Elle offrirait aussi un billet direct pour la Coupe du monde 2027 au Brésil, objectif central de ce projet ivoirien.
Le sélectionneur sait que cette phase de groupes réserve souvent des surprises. Il cite d’ailleurs les difficultés rencontrées par le Ghana lors de la précédente édition pour illustrer la nature piégeuse de cette première partie de compétition. Rien n’est acquis, surtout dans une CAN féminine où la marge d’erreur reste minime.
Inès Konan et les jeunes talents au cœur du projet
Sur le plan offensif, Inès Konan s’impose déjà comme une joueuse importante. Auteur d’un doublé lors du premier match, l’attaquante, récemment passée de Strasbourg à Madrid CFF, a reçu un vrai coup de confiance. Pedros insiste toutefois sur la dimension athlétique de sa progression: il a fallu la pousser sur le plan physique pour l’amener au niveau attendu.
Le coach attend aussi davantage d’appels dans la profondeur et de mobilité dans son jeu. Mais il a perçu des progrès dès le match amical contre le Ghana. Aux côtés de Nsira Safi Ouédraogo, elle forme un duo complémentaire, capable de peser devant tout en travaillant sans ballon.
Pedros mise sur l’insouciance de sa génération montante
Le sélectionneur place également de grands espoirs en Nsira Safi, 18 ans, et en Sery Grace Ruth, également installée à Nordsjaelland. Pour lui, leur environnement en club favorise leur développement. Le technicien souligne le rôle de son staff, qui les a repérées il y a quelques mois déjà.
Ce qui le séduit surtout, c’est leur liberté de jeu. Ces jeunes joueuses n’entrent pas sur le terrain avec le poids du calcul. Elles jouent, elles osent, elles proposent. Dans un tournoi aussi exigeant, cette fraîcheur peut devenir un atout précieux pour la Côte d’Ivoire, à condition de la transformer en constance.