Emerse Faé quitte les Éléphants, Hervé Renard déjà dans les discussions
Emerse Faé ne conduira plus la Côte d’Ivoire. À 42 ans, le sélectionneur a choisi de ne pas prolonger un contrat arrivé à échéance ce vendredi, ouvrant aussitôt la porte aux spéculations autour d’un retour d’Hervé Renard sur le banc des Éléphants.
Le départ intervient au terme d’un cycle dense, commencé dans l’urgence et refermé dans un climat plus incertain. En l’espace de deux ans et demi, Faé a connu l’un des parcours les plus marquants de l’histoire récente du football ivoirien, avant de décider de ne pas s’inscrire dans une prolongation courte et provisoire.
Emerse Faé, un passage né dans la pression et terminé avec un titre
Tout avait commencé en pleine Coupe d’Afrique des nations 2023, quand la Fédération ivoirienne avait fait appel à lui pour remplacer Jean-Louis Gasset. La mission paraissait alors presque impossible, mais Faé a transformé l’urgence en succès retentissant. Il a mené les Éléphants jusqu’au sacre à domicile, au terme d’un tournoi qui a profondément changé son statut.
Dans la foulée, il avait été confirmé à titre permanent. Son mandat a ensuite pris une autre dimension avec une qualification historique pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde, une première depuis douze ans pour la Côte d’Ivoire. Le parcours s’est toutefois arrêté face à la Norvège, battue 2-1, laissant une impression d’inachevé malgré une dynamique globalement positive.
Le technicien ivoirien laisse donc derrière lui un bilan qui ne se résume pas à une seule défaite. Sa première partie de mandat a été marquée par la montée en puissance d’une sélection redevenue ambitieuse, même si la fin de l’aventure a été moins paisible que les débuts.
Emerse Faé a choisi de ne pas prolonger dans un contexte politique sensible
Son départ ne répond pas seulement à une question sportive. Le calendrier de la Fédération ivoirienne pèse lourd dans cette décision, avec des élections prévues le 12 septembre 2026. Une prolongation de trois mois avait bien été envisagée pour accompagner le début des éliminatoires de la CAN 2027, face au Ghana et à la Gambie.
Mais Faé a préféré ne pas rester dans ce cadre intermédiaire. Gérer un court mandat, lié à une période électorale qu’il ne contrôle pas, ne semblait pas correspondre à sa volonté. Dans ce genre de configuration, un sélectionneur peut vite devenir un simple gestionnaire d’attente, sans vraie projection sportive.
Ce choix traduit aussi une forme de cohérence. Après avoir vécu un mandat né dans la précipitation, Faé a sans doute estimé qu’il n’avait pas intérêt à s’installer dans une nouvelle zone grise. Il quitte ainsi un poste exposé, au moment où l’équilibre institutionnel de la FIF reste fragile.
Hervé Renard, le nom qui revient pour la succession
Dans ce vide, un nom ressort immédiatement: Hervé Renard. Le technicien français est évoqué avec insistance pour reprendre les Éléphants. Son profil parle pour lui, car il connaît déjà la sélection ivoirienne et y a remporté la CAN 2015, référence majeure dans l’histoire du football du pays.
Renard vient par ailleurs de se séparer de la Tunisie après son passage à la Coupe du monde 2026. Son expérience en Afrique reste un atout évident. Il a aussi dirigé le Maroc, l’Arabie Saoudite à deux reprises et l’équipe de France féminine, ce qui lui donne une stature rare sur le continent.
Mais la Côte d’Ivoire n’est pas son seul horizon. L’Algérie, l’Afrique du Sud et la Corée du Sud font également partie des destinations citées autour de son nom. Dans ce contexte, la CAF et les grandes sélections du continent observent forcément ce dossier de près, tant le mercato des sélectionneurs peut vite s’accélérer.
La Côte d’Ivoire cherche une suite claire après deux années de résultats
Pour la Fédération ivoirienne, l’enjeu dépasse le simple choix d’un nouveau coach. Il s’agit de préserver une dynamique construite dans la durée, sans casser ce qui a été relancé sous Faé. Le prochain sélectionneur héritera d’une équipe qui a déjà retrouvé du relief, mais qui doit encore confirmer sur le très haut niveau.
Le cas Renard apparaît logique sur le papier. Il offrirait une continuité sportive et une forme de garantie immédiate. Son passé avec les Éléphants nourrit forcément l’idée d’un retour crédible, même si rien n’indique encore qu’un accord soit imminent.
Une certitude demeure: la Côte d’Ivoire entre dans une nouvelle phase. Après le sacre continental de 2023, puis les premiers signes d’un retour au premier plan, la sélection doit maintenant trouver un nouvel équilibre. Faé s’en va, et avec lui se referme un chapitre singulier, commencé dans le chaos et terminé avec un titre.