La compétitivité du Linafoot expliquerait, selon Luc Eymael, l’afflux de joueurs congolais dans les grands championnats européens. L’entraîneur belge de 65 ans, qui dirige le FC Saint Eloi Lupopo depuis fin septembre 2024, dresse un constat contrasté : un niveau sportif élevé, mais des infrastructures qui freinent encore le développement du football en République démocratique du Congo.
Un vivier de talents pour l’Europe
Depuis son arrivée à Lubumbashi, Eymael a redressé Lupopo, désormais deuxième du groupe A avec 31 points en 13 rencontres, juste derrière le TP Mazembe, leader avec 35 points en 14 matchs. Le derby disputé le 23 février au Stade TP Mazembe s’est soldé par un score nul et vierge, confirmant l’équilibre entre les deux clubs les plus populaires du pays. Pour l’entraîneur, cette intensité du championnat local constitue un terrain de formation propice à l’éclosion de joueurs capables de rejoindre l’élite mondiale. Il cite l’exemple de plusieurs internationaux congolais évoluant aujourd’hui en Ligue 1, en Premier League, en Liga ou en Süper Lig, preuve selon lui que le Linafoot prépare efficacement ses talents aux exigences du haut niveau. Pour les amateurs de paris, un match comme Rosario Central – Racing Club illustre bien ce type d’intensité sur la scène internationale.
Des infrastructures à la traîne
Le technicien belge, passé par plusieurs championnats africains, pointe un décalage entre la qualité du jeu et les conditions matérielles. Transports aériens limités, aéroports vieillissants, pelouses synthétiques usées et vestiaires insuffisants compliquent les déplacements, en particulier en dehors de Kinshasa et Lubumbashi. Il évoque aussi des problèmes de sécurité dans certains stades, avec des invasions de terrain par des supporters mécontents. Comparé aux championnats sud-africain et tanzanien, le Linafoot accuserait un retard en matière d’organisation et de modernisation des enceintes, deux pays qu’il juge plus avancés, notamment dans la perspective de l’introduction de l’assistance vidéo à l’arbitrage. Pour suivre et parier en toute sécurité, les supporters peuvent s’appuyer sur des plateformes comme Betway Côte d’Ivoire, très utilisées en Afrique de l’Ouest.
Une suspension contestée
Eymael revient également sur la sanction de six mois infligée par la Linafoot en décembre 2024, après un match houleux contre Blessing FC en octobre. L’instance lui reprochait des propos jugés insultants envers le gardien adverse, les officiels et le staff technique du club rival. L’entraîneur conteste fermement cette version, évoquant un carton rouge reçu alors qu’il était assis sur son banc, sans lien selon lui avec les incidents survenus sur le terrain.
Ambitions continentales et contexte national
Malgré l’engouement populaire autour de Lupopo, qu’il juge comparable à celui du TP Mazembe, Eymael reste prudent sur les chances de titre, évoquant un calendrier chargé avec le CHAN et les préliminaires de la Ligue des champions africaine qui pourraient épuiser les organismes. Il conclut en évoquant la gravité de la situation sécuritaire dans l’est du pays, rappelant que la rivalité sportive ne doit jamais se substituer à la paix, dans un pays marqué depuis des décennies par un conflit armé persistant. Dans le même temps, la RD Congo retrouve la Coupe du monde après des décennies d’absence, preuve que le football congolais continue de progresser malgré les difficultés.