Le Cap-Vert débarque au Mondial 2026 et raconte l’histoire du football autrement


Un archipel de dix îles, un peu plus d’un demi-million d’habitants, et désormais une place parmi les quarante-huit nations qualifiées pour la Coupe du monde 2026. La participation du Cap-Vert au tournoi qui se tiendra au Mexique, aux États-Unis et au Canada représente l’une des trajectoires les plus saisissantes de cette édition historique, la première à réunir autant de sélections depuis la création de la compétition. Pour ce pays indépendant depuis 1975, dont la fédération de football n’a rejoint la Confédération africaine qu’en 1982, l’exploit dépasse largement le cadre sportif.

Une édition à 48 équipes qui redessine la carte du football mondial

L’élargissement du Mondial à 48 équipes – contre 32 lors des éditions précédentes – a profondément modifié les équilibres des qualifications continentales. Pour l’Afrique, ce changement de format a multiplié les places disponibles et, avec elles, les possibilités offertes aux nations dites « émergentes ». Le Cap-Vert a saisi cette fenêtre avec une autorité inattendue.

La sélection capverdienne a terminé en tête du Groupe D des éliminatoires africaines, devançant le Cameroun, la Libye, l’Angola, l’Île Maurice et l’Eswatini. Une campagne qui ne s’est pas construite dans le confort : pour l’un des matches décisifs contre le Cameroun, le gouvernement local a financé l’affrètement d’un avion afin de rapatrier l’équipe depuis l’Île Maurice, dépensant près de six fois le budget annuel de la fédération. Le Cap-Vert s’est imposé un à zéro à Praia. Ce détail, à lui seul, dit tout de ce que représente cette qualification.

D’autres nations font leur entrée dans la compétition pour la première fois cette année : la Jordanie, le Curaçao et l’Ouzbékistan rejoignent ainsi le Cap-Vert dans la catégorie des débutants absolus. La Norvège et le Paraguay, absents depuis de nombreuses années, retrouvent également la scène mondiale. Cette diversité est précisément ce que l’élargissement promettait – et qu’il commence à tenir. La dynamique de ces sélections rappelle d’autres affiches internationales comme Équateur – Guatemala, où les outsiders cherchent aussi à bousculer la hiérarchie.

Les « Tubarões Azuis » : un vestiaire construit entre deux continents

L’équipe nationale capverdienne reflète une réalité migratoire complexe et ancienne. La majorité des joueurs sélectionnés sont nés hors du Cap-Vert et évoluent dans des clubs étrangers. Logan Costa joue au Villarreal, en Espagne. Sidny Cabral est au Benfica, au Portugal. Steven Moreira évolue au Columbus Crew, aux États-Unis. Wagner Pina défend les couleurs du Trabzonspor, en Turquie. Dailon Livramento est au Casa Pia, au Portugal.

Le défenseur Roberto Lopes, surnommé « Pico », est né à Dublin de père capverdien. Son premier appel en sélection lui est parvenu par message sur les réseaux sociaux – une anecdote qui illustre à quel point cette équipe a dû aller chercher ses talents aux quatre coins du monde. Ce modèle de sélection nationale fondé sur la diaspora n’est pas propre au Cap-Vert, mais il y prend une dimension particulière : dans un pays de cinq cent mille habitants, le réservoir de joueurs formés sur place est structurellement limité. La diaspora n’est pas un luxe, elle est une nécessité.

Ryan Mendes, meilleur buteur de l’histoire de la sélection et recordman de sélections, mènera l’attaque capverdienne lors de ce premier Mondial. Pedro Leitão Brito, surnommé « Bubista » – du nom créole capverdien de son île natale, Boa Vista – dirige l’équipe depuis 2020. Ancien capitaine de la sélection, il connaît mieux que quiconque la valeur symbolique de ce moment.

Groupe H : l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie Saoudite comme épreuves de vérité

Le tirage au sort n’a pas ménagé les débuts capverdiens. Versés dans le Groupe H aux côtés de l’Espagne, de l’Uruguay et de l’Arabie Saoudite, les « Tubarões Azuis » s’apprêtent à affronter d’abord la sélection espagnole le 15 juin à Atlanta. L’Espagne, championne du monde en 2010, doublement titrée aux Jeux olympiques et dotée de l’un des championnats de clubs les plus compétitifs du monde, représente un adversaire d’une autre dimension.

Le territoire de l’Espagne est plus de cent fois supérieur à celui du Cap-Vert. Son économie footballistique, ses infrastructures, son vivier de talents – tout oppose ces deux nations sur le papier. Et pourtant, c’est bien cette rencontre qui aura lieu le 15 juin. Puis viendront l’Uruguay, le 21 juin à Miami, et l’Arabie Saoudite, le 26 juin à Houston. Ce Groupe H a déjà été disséqué dans notre analyse dédiée au Groupe H du Mondial 2026, où l’on mesure mieux encore le défi qui attend le Cap-Vert.

Le gardien Vozinha a exprimé sans détour ce que représente cette qualification : « Être capverdien et se qualifier pour la Coupe du monde, pour moi, c’était la plus grande joie que je pouvais offrir à mes parents, à ma famille et à tout mon peuple. » Wagner Pina, lui, a souligné la portée extra-sportive de l’événement : « La Coupe donne une autre visibilité au Cap-Vert en général, pas seulement comme équipe de football, mais aussi comme pays. »

En 2013, le Cap-Vert atteignait pour la première fois les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations. En 2024, il remportait la première édition de la FIFA Series. En 2026, il dispute sa première Coupe du monde. La progression est réelle, méthodique, et désormais inscrite dans les grandes annales du football international. Que les résultats en phase de groupes soient favorables ou non, cette présence constitue en elle-même une victoire qui appartient à toute une nation. Pour suivre et parier sur les prochaines affiches du Mondial 2026, les parieurs ivoiriens peuvent s’appuyer sur les meilleurs bookmakers disponibles en Côte d’Ivoire.

auteur

Frank Zadi

Frank Zadi est originaire de San Pedro. En 2016, il était correspondant local. Il a ensuite collaboré avec des journaux nationaux en tant que pigiste. Il a travaillé dans une station de radio locale à Abidjan. Il travaille pour Bookmakers225.ci…

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