L’Iran arrive à Los Angeles pour affronter la Nouvelle-Zélande dans un Mondial sous haute tension


Le sélectionnat iranien de football a atterri à l’aéroport international de Los Angeles ce dimanche après-midi, au terme d’un court vol en provenance de Tijuana, au Mexique, où il a établi son camp d’entraînement. La rencontre face à la Nouvelle-Zélande, prévue lundi au SoFi Stadium dans le cadre du groupe 7 de la Coupe du monde, se joue dans un contexte géopolitique sans précédent dans l’histoire de la compétition : pour la première fois depuis sa création en 1930, un pays hôte accueille une équipe avec laquelle il se trouve en état de guerre déclaré.

Un déplacement sous tension, une arrivée sous surveillance

L’Airbus A320 transportant la délégation iranienne a touché le tarmac du couloir 25L à 16h11, heure locale, à l’issue d’une seconde tentative d’approche. Le stade qui accueillera le match se trouve à une quinzaine de minutes de l’aéroport. Un dispositif de sécurité renforcé était déjà en place à l’hôtel à l’arrivée du groupe. Le sélectionneur Amir Ghalenoei et l’attaquant Mehdi Taremi devaient prendre la parole en conférence de presse en soirée au SoFi Stadium.

Ce déplacement en territoire américain n’est pas anodin. L’Iran a relocalisé son camp de base, initialement installé en Arizona, vers Tijuana fin mai, après que les États-Unis et Israël ont mené des frappes conjointes contre l’Iran depuis la fin du mois de février. Le choix du Mexique comme terre d’accueil reflète une prudence diplomatique autant qu’une réalité sécuritaire : entrer sur le sol américain pour un entraînement prolongé présentait des risques jugés trop importants par la fédération iranienne.

À Tijuana, une chaleur populaire inattendue

Le départ du camp mexicain a donné lieu à des scènes d’une rare intensité émotionnelle. Des supporters massés en bordure de route ont scandé “Team Melli” – soit “équipe nationale” en farsi – au passage des joueurs en route vers leur bus. Un drapeau jaune arborait en caractères noirs la phrase : “Iran, tu ne marcheras jamais seul. Le Mexique est avec toi.” La foule a entonné en espagnol : “Iran, mon frère, tu es mexicain maintenant.”

La communauté iranienne de Tijuana est infime – une vingtaine de personnes tout au plus – mais le soutien de résidents mexicains a compensé par son élan ce que ce rassemblement avait de modeste en nombre. Mehdi Taj, président de la Fédération iranienne de football, observait la scène depuis l’extérieur de l’hôtel tandis que le bus s’éloignait.

À Los Angeles, des manifestants réclamaient la chute du régime

À quelques kilomètres à peine du stade, dans le quartier d’Inglewood, des manifestants brandissaient des pancartes aux messages sans équivoque : “Ni le Shah, ni les mollahs – Changement de régime par les Iraniens eux-mêmes.” Des photographies et affichettes représentant des athlètes qui auraient péri après leur arrestation par les autorités iraniennes ornaient les abords d’un carrefour passant.

La mobilisation trouve sa source dans la répression de janvier dernier, au cours de laquelle des dizaines de milliers de manifestants, pour beaucoup jeunes, ont été tués en Iran selon les témoignages recueillis sur place. Mojan Ramzani, Irano-Américaine de 56 ans présente dans le rassemblement, résumait le sentiment du groupe : “Ils prennent leur propre peuple en otage.” Hassan Haddadi, 70 ans, exprimait quant à lui une frustration plus large à l’égard de la communauté internationale : “Nous espérons sensibiliser l’Occident pour qu’il agisse au-delà des simples condamnations verbales.” Une partie des supporters suit aussi les autres affiches de la compétition, comme les quatre matchs décisifs de ce dimanche.

Un match inédit dans l’histoire du football mondial

L’Iran et la Nouvelle-Zélande ne se sont jamais rencontrés en Coupe du monde. Au-delà du résultat sportif, cette rencontre s’inscrit dans une réalité qui dépasse largement le cadre du football. Organiser une compétition mondiale en accueillant une nation avec laquelle le pays hôte est en conflit armé ouvre une zone d’inconnu pour la FIFA comme pour les gouvernements concernés. Les questions de sécurité, de logistique diplomatique et de liberté d’expression des athlètes iraniens – dont certains pourraient se trouver sous pression politique – constituent autant d’enjeux que le terrain ne suffira pas à résoudre. Los Angeles, avec sa diaspora iranienne parmi les plus importantes au monde hors d’Iran, sera bien davantage que le décor d’un match de football.

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auteur

Frank Zadi

Frank Zadi est originaire de San Pedro. En 2016, il était correspondant local. Il a ensuite collaboré avec des journaux nationaux en tant que pigiste. Il a travaillé dans une station de radio locale à Abidjan. Il travaille pour Bookmakers225.ci…

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