Dans un an, le Kenya co-organisera avec l’Ouganda et la Tanzanie la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies PAMOJA 2027, la première édition du tournoi à se tenir en Afrique de l’Est depuis 51 ans. Pour Victor Wanyama, ancien capitaine des Harambee Stars et figure la plus emblématique du football kenyan, l’événement dépasse largement le cadre sportif : il représente une occasion rare de remodeler en profondeur le paysage footballistique du pays. Le tournoi, qui regroupera 24 équipes du 19 juin au 17 juillet 2027, s’annonce comme le plus grand événement sportif jamais accueilli dans la région.
Un héritage infrastructurel attendu depuis des décennies
Wanyama n’hésite pas à pointer ce que le Kenya a longtemps refusé d’admettre : la faiblesse chronique de ses infrastructures sportives. Stades vieillissants, terrains d’entraînement insuffisants, réseaux routiers défaillants – autant de freins structurels qui ont bridé le développement du football local bien au-delà de ses mérites sur le terrain. L’organisation de l’AFCON impose des standards techniques et logistiques que la CAF veille à faire respecter, contraignant les pays hôtes à des investissements massifs dont les effets perdurent bien après la compétition.
« Accueillir une compétition de cette ampleur nous oblige à construire des équipements de niveau mondial, et cela finit par améliorer le sport dans son ensemble », a déclaré Wanyama dans un entretien exclusif accordé à CAFOnline.com. L’exemple de grandes compétitions continentales précédentes en Afrique illustre ce constat : les pays organisateurs ont généralement vu leurs capacités d’accueil sportif se transformer durablement, même si les retombées varient selon la qualité de la planification en amont et la continuité des investissements après le coup de sifflet final. Pour les parieurs, ces grandes compétitions sont aussi l’occasion de suivre des analyses détaillées, comme un pronostic France Sénégal lors des affrontements de haut niveau.
Des joueurs kenyans face à une scène mondiale
Wanyama sait mieux que quiconque ce que représente l’exposition internationale pour un footballeur africain. Formé au Kenya avant de gravir les échelons jusqu’à la finale de Ligue des champions avec Tottenham Hotspur, il a vécu la trajectoire que rêvent d’emprunter des centaines de jeunes joueurs de la région. C’est précisément ce chemin qu’il souhaite voir s’ouvrir plus largement grâce à 2027.
« Pour les joueurs, c’est une chance de montrer leur talent au reste du monde. Il y a une certaine confiance qui vient du fait de jouer à domicile, et cela leur donnera une plateforme confortable pour s’exprimer », a-t-il affirmé. Jouer sous les yeux de son propre public, devant des recruteurs continentaux et européens présents pour observer les 24 meilleures sélections africaines, constitue une vitrine que les Kenyans n’ont eu que rarement l’occasion d’exploiter à ce niveau.
Wanyama a participé à la seule AFCON récente du Kenya, celle de 2019 en Égypte, où les Harambee Stars n’avaient décroché qu’une victoire avant d’être éliminés. Il avait contribué à mettre fin à quinze ans d’absence de la sélection de la compétition. Avec l’avantage du terrain en 2027, il estime que cette génération est capable d’aller beaucoup plus loin. « Je suis convaincu que cette équipe peut faire mieux que nous et atteindre les derniers tours », dit-il.
Le football kenyan face à l’ombre de l’athlétisme
La question de l’identité sportive du Kenya traverse en filigrane toute la réflexion de Wanyama. Le pays est une puissance mondiale de l’athlétisme de fond, dont les coureurs dominent les grandes compétitions internationales depuis des décennies. Cette réputation écrasante a longtemps relégué le football au rang de discipline secondaire dans l’imaginaire collectif mondial, malgré la passion que le sport suscite localement.
« Les gens connaissent principalement le Kenya pour l’athlétisme, mais nous avons maintenant l’opportunité de vendre notre football et notre talent », a souligné Wanyama. L’AFCON 2027, diffusée dans le monde entier et suivie par des centaines de millions de téléspectateurs sur le continent africain et au-delà, offre précisément ce type de vitrine globale que le football kenyan n’a jamais encore pu s’approprier à cette échelle.
Sa récente expérience en tant qu’ambassadeur du CHAN 2024 – une compétition réservée aux joueurs évoluant dans leurs championnats nationaux – lui a fourni un aperçu concret de ce qu’un grand tournoi continental peut générer en termes d’enthousiasme populaire, d’activité économique et d’attention médiatique. « Le CHAN a été une étape importante pour nous, mais l’AFCON 2027 sera sur une échelle complètement différente », a-t-il conclu, avec la conviction tranquille de quelqu’un qui a vu opérer le football aux plus hauts niveaux. Si les fondations infrastructurelles sont posées correctement et si la mobilisation politique reste au rendez-vous, l’été 2027 pourrait marquer, bien plus qu’une fête sportive, le début d’une nouvelle ère pour le football est-africain.
Dans cette dynamique, le rôle des opérateurs de paris sportifs sera également scruté, avec des plateformes comme Betway Côte d’Ivoire qui accompagnent déjà les fans ouest-africains sur les grandes compétitions. Pour suivre d’autres évolutions majeures du football africain, les supporters peuvent aussi s’intéresser à des championnats comme la Botola, dont la 26e journée a été programmée en matches simultanés le 21 juin, comme détaillé dans cette actualité.