Trois juntes sahéliennes candidatent ensemble à la CAN 2032


Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont déposé une candidature commune pour organiser la Coupe d’Afrique des nations 2032. Une démarche inédite portée par trois régimes issus de coups d’État militaires, qui interviennent alors que la Confédération africaine de football (Caf) vient d’ouvrir les candidatures pour les éditions 2028, 2032 et 2036 de sa compétition phare.

La Fédération malienne de football (Femafoot) présente ce projet comme un acte de “solidarité, d’intégration régionale et de développement durable du football africain”. Les trois pays entendent travailler avec leurs autorités respectives pour bâtir un dossier “solide et crédible”, porteur d’une “nouvelle vision” pour le jeu continental.

Une alliance née de la rupture avec la Cédéao

Cette candidature conjointe s’inscrit dans la continuité de l’Alliance des États du Sahel (AES), le pacte signé par les trois pays après leur départ officiel de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) l’an dernier. Conçue à l’origine pour renforcer la coopération sécuritaire, l’AES a progressivement élargi son champ d’action aux infrastructures, au commerce et désormais aux médias, avec la création annoncée de deux plateformes communes, Daande Liptako Radio et Tafouk TV, validée cette semaine par le parlement de transition burkinabè.

Le football devient ainsi un nouveau terrain d’affirmation pour ce bloc régional, qui a par ailleurs pris ses distances avec ses partenaires occidentaux traditionnels au profit d’une coopération sécuritaire renforcée avec la Russie. Le Burkina Faso et le Mali ne sont pas des novices en la matière : le premier a accueilli la CAN en 1998, le second en 2002. Mais organiser à trois représente un défi logistique et politique d’une tout autre ampleur, alors que l’édition 2027 en Kenya, Tanzanie et Ouganda inaugurera justement la formule à trois pays hôtes. Dans cette dynamique, les amateurs de paris peuvent déjà consulter un pronostic sur les grandes compétitions internationales.

La sécurité, question centrale mais pas rédhibitoire

Interrogé par la BBC sur la nécessité de garanties sécuritaires avant d’évaluer ce dossier, le président de la Caf, Patrice Motsepe, a assuré que les trois pays “auront autant de chances que n’importe qui d’autre” d’accueillir la compétition. “Ils ne seront pas désavantagés du fait qu’ils sont dirigés par des juntes militaires”, a-t-il précisé, tout en reconnaissant que la question posée était “très importante”.

Motsepe a néanmoins rappelé que la Caf doit “composer avec la réalité” du continent, sans pour autant renoncer à ses principes : “la démocratie, la liberté d’expression et des élections régulières, ce n’est pas négociable”. Il a annoncé se rendre prochainement dans les trois pays pour évaluer le volet strictement footballistique de la candidature, en marge d’une rencontre organisée à New York samedi avec les présidents des fédérations burkinabè, malienne et nigérienne, ainsi que le colonel-major Djibrilla Hima Hamidou, membre du Conseil de la Fifa.

Un processus de décision encadré

Le président sud-africain de la Caf a tenu à rappeler que la décision finale ne lui appartient pas seul. “Beaucoup de présidents pensent que j’ai le pouvoir de décider où ira la CAN. Je ne veux pas de ce pouvoir”, a-t-il insisté, soulignant que le comité exécutif de la Caf tranchera collectivement sur l’attribution des trois prochaines éditions.

Les critères annoncés restent exigeants : libre circulation des supporters, protection policière effective, qualité des infrastructures. Autant d’éléments qui pèseront face à une situation sécuritaire toujours marquée, dans les trois pays candidats, par les attaques de groupes armés jihadistes. La Caf doit par ailleurs statuer sur un éventuel élargissement du tournoi de 24 à 28 équipes, dans un contexte où la CAN passera à un rythme quadriennal après l’édition 2028, mettant fin à la biennalité qui la caractérisait depuis des décennies. Pour suivre d’autres décisions structurantes de la Caf, comme l’étude de l’élargissement de la Ligue des champions, consultez notre actualité dédiée ici. Enfin, les parieurs ivoiriens peuvent comparer les offres des principaux opérateurs sur notre page bookmakers avant de miser sur la future CAN 2032.

auteur

Kouadio Yao

Kouadio Yao a fondé Bookmakers225.ci. Début de carrière en 2015. Journaliste indépendant à Abidjan. Plusieurs publications sportives. Pigiste. De 2017 à 2020, rédacteur en chef dans un quotidien. Trois ans de rythme quotidien. En 2024, lancement de son propre site.…

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