Algérie-Côte d’Ivoire: les Vertes à 90 minutes d’un tournant historique


Algérie-Côte d’Ivoire: les Vertes à 90 minutes d’un tournant historique

Algérie-Côte d’Ivoire s’annonce comme le match le plus important du parcours des Vertes depuis le début de cette CAN féminine. Ce samedi 8 août, au stade Moulay Rachid de Casablanca, la sélection de Farid Benstiti joue bien plus qu’un quart de finale: une place dans le dernier carré, mais aussi un accès direct à la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil. Le coup d’envoi sera donné à 18h00 en Algérie, 19h00 en France.

Pour les Algériennes, l’occasion est rare et précieuse. Jamais encore elles n’avaient atteint ce stade de la compétition dans l’histoire du tournoi. À ce niveau, chaque détail compte, chaque respiration pèse, et la moindre erreur peut renvoyer une équipe chez elle. Les Vertes le savent, mais elles avancent avec une certitude: ce rendez-vous peut changer leur statut.

Une préparation appliquée, mais un coup dur avec Inès Boutaleb

La sélection nationale féminine a refermé sa préparation vendredi soir avec une dernière séance d’entraînement menée dans le calme et la concentration. Lancée à 17h00, elle a duré une heure et a surtout servi à peaufiner les réglages tactiques voulus par Farid Benstiti. Le groupe a affiché un état d’esprit serein, nourri par la confiance et une détermination visible à l’approche du rendez-vous.

Cette tranquillité a toutefois été bousculée par une mauvaise nouvelle. Inès Boutaleb ne poursuivra pas le tournoi après sa grave entorse à la cheville contractée contre le Kenya. Les examens médicaux ont confirmé la blessure, et l’attaquante est désormais forfait pour la suite de la compétition. C’est un coup dur pour le staff, d’autant que la joueuse apportait une solution offensive supplémentaire dans une phase où la marge d’erreur est minime.

Dans ce type de match, les absences pèsent souvent plus lourd qu’à l’ordinaire. Benstiti devra donc ajuster son animation offensive sans perdre l’équilibre d’ensemble. L’Algérie a jusqu’ici bâti sa force sur la discipline collective, un socle qu’il faudra préserver malgré ce contretemps.

Algérie-Côte d’Ivoire: un duel inédit entre deux équipes lancées

Le quart de finale Algérie-Côte d’Ivoire a aussi une saveur particulière parce qu’il s’agit d’une première dans cette CAN féminine. Les deux sélections ne s’étaient jamais croisées dans l’histoire du tournoi. L’opposition promet donc un vrai face-à-face de styles, avec deux équipes arrivées à ce stade en pleine confiance.

Les Algériennes ont terminé deuxièmes de leur groupe derrière le Maroc. Elles ont lancé leur tournoi par deux victoires convaincantes contre le Sénégal et le Kenya, sur le même score de 2-0, avant de céder de peu face au Maroc, 1-0. Ce parcours donne à la sélection de Benstiti une base solide, mais aussi l’assurance d’avoir su répondre présente dans les moments-clés.

En face, les Éléphantes ont survolé leur poule sans connaître la défaite. Elles ont battu le Burkina Faso 4-1, partagé les points avec l’Afrique du Sud dans un match ouvert, 2-2, puis dominé la Tanzanie 2-1. Plus encore que leurs résultats, leur variété offensive frappe les esprits: cinq joueuses différentes ont déjà marqué, avec Inès Konan en tête grâce à trois buts.

Benstiti face à une équipe ivoirienne redoutable, Pedros prudent et flatteur

La veille de ce choc, Reynald Pedros n’a pas cherché à masquer son respect pour le parcours algérien. Le sélectionneur ivoirien a salué la qualité de jeu des Vertes et leur solidité dans le tournoi. Il a aussi estimé que son équipe aurait ses chances si elle parvenait à reproduire pendant plus longtemps les séquences convaincantes observées contre l’Afrique du Sud.

Ce regard extérieur confirme la difficulté du défi qui attend la Côte d’Ivoire. L’Algérie n’avance pas en outsider timide, mais avec le profil d’une équipe structurée, capable de fermer les espaces et de frapper au bon moment. C’est précisément ce que Benstiti veut prolonger dans un match où la gestion émotionnelle sera aussi importante que le plan de jeu.

Pour le sélectionneur français, l’enjeu dépasse la simple qualification pour une demi-finale. Il s’agit de conduire les Vertes vers un cap jamais atteint, tout en maintenant la rigueur affichée depuis le début du tournoi. Face à une équipe ivoirienne qui marque beaucoup et qui reste dangereuse dans plusieurs phases du jeu, le moindre relâchement pourrait coûter cher.

Un billet pour le Mondial en ligne de mire

Au-delà de la quête continentale, ce quart de finale ouvre une perspective encore plus large. Les quatre demi-finalistes de cette CAN féminine décrocheront automatiquement leur billet pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil. Autrement dit, la rencontre de Casablanca peut offrir bien plus qu’une simple qualification au tour suivant.

Pour l’Algérie, l’enjeu est immense. Une victoire offrirait une première demi-finale dans l’histoire de la sélection et un premier ticket pour un Mondial. Ce serait un double jalon majeur pour le football féminin algérien, avec des répercussions bien au-delà de ce tournoi.

À ce stade, tout se joue sur 90 minutes, ou davantage si le scénario l’exige. Les Vertes ont déjà prouvé qu’elles savaient résister, patienter et frapper juste. Reste désormais à confirmer, face à la Côte d’Ivoire, que cette équipe est prête à écrire une page nouvelle.

auteur

Kouadio Yao

Kouadio Yao a fondé Bookmakers225.ci. Début de carrière en 2015. Journaliste indépendant à Abidjan. Plusieurs publications sportives. Pigiste. De 2017 à 2020, rédacteur en chef dans un quotidien. Trois ans de rythme quotidien. En 2024, lancement de son propre site.…

vous aimerez aussi