Côte d’Ivoire féminine: un quart de finale déjà capital face à l’Algérie
Côte d’Ivoire féminine avance avec assurance dans cette Coupe d’Afrique des nations 2026. Pour leur retour dans le tournoi après douze ans d’absence, les Éléphantes n’ont pas simplement retrouvé la compétition: elles se sont installées dans la bataille pour les places qui comptent vraiment. Leur quart de finale contre l’Algérie prend ainsi une dimension particulière, avec en toile de fond une qualification pour le Mondial féminin 2027 au Brésil.
Le contraste avec 2014 est saisissant. À l’époque, la Côte d’Ivoire avait terminé troisième de la CAN, en dominant l’Afrique du Sud lors du match de classement. Douze ans plus tard, le décor a changé, mais l’ambition reste la même, voire plus élevée. Cette génération veut marquer son retour par un parcours qui débouche sur une présence au plus haut niveau mondial.
Un premier tour solide pour la Côte d’Ivoire féminine
Dans le groupe B, relevé avec l’Afrique du Sud, championne d’Afrique en 2022, la Côte d’Ivoire a répondu présent. Les Ivoiriennes ont fini en tête de leur poule avec un bilan convaincant: deux victoires, un nul, huit buts inscrits et quatre encaissés. La différence de buts positive confirme une équipe capable de produire du jeu tout en restant compétitive dans les moments plus délicats.
Le premier signal fort est venu contre le Burkina Faso, battu 4-1. Puis les Éléphantes ont longtemps tenu tête à l’Afrique du Sud avant de concéder un nul 2-2, malgré une avance de deux buts. Enfin, elles ont terminé leur phase de groupes par un succès sur la Tanzanie, 2-1, dans une rencontre maîtrisée jusqu’à la réduction du score adverse dans le temps additionnel.
Ce parcours d’ensemble raconte une équipe bien organisée, qui sait frapper vite et défendre avec sérieux. Il raconte aussi une sélection qui ne se contente pas d’attendre, mais qui impose des séquences de jeu et une vraie intensité dans les duels.
Reynald Pedros construit une équipe équilibrée
Reynald Pedros, qui avait déjà mené le Maroc jusqu’aux huitièmes de finale du Mondial 2023, semble avoir trouvé un équilibre intéressant. Son groupe combine des joueuses évoluant en Europe et d’autres issues du championnat local, avec notamment plusieurs éléments formés ou passés par l’ASEC Mimosas, un centre reconnu en Côte d’Ivoire. Cette diversité donne du relief à l’ensemble et élargit les options du sélectionneur.
L’équipe a affiché une discipline tactique appréciable. Elle a aussi montré un engagement constant, surtout dans les duels, ce qui reste souvent décisif dans les matchs à élimination directe. L’association entre expérience et jeunesse paraît fonctionner, au moins à ce stade du tournoi.
Le groupe s’appuie sur des cadres identifiées. Inès Konan, Bernadette Kakouna Amani, Rebecca Elloh, Ruth Sery et Rosemonde Kouassi apportent de la personnalité et des repères. Leur présence donne à la Côte d’Ivoire féminine un socle technique et mental intéressant avant le rendez-vous contre l’Algérie.
Une absence remarquée et un groupe qui avance sans bruit
La seule ombre notable dans ce premier tour concerne l’absence de Hadibou Ouédraogo. Meilleure buteuse du championnat ces deux dernières saisons et élue meilleure joueuse de la dernière Ligue CAF féminine, elle n’a pas été alignée. Ni la Fédération ivoirienne ni le sélectionneur n’ont livré d’explication, et Pedros a choisi de ne pas entrer dans le sujet.
Ce silence n’a pas perturbé la dynamique collective. Au contraire, le staff a préféré mettre en avant la profondeur du groupe et la capacité des joueuses présentes à assumer les responsabilités. La Côte d’Ivoire féminine a ainsi traversé son premier tour sans se laisser détourner par les débats autour des absences.
Pour l’Algérie, l’avertissement est clair. La Côte d’Ivoire arrive avec de la confiance, des certitudes naissantes et un objectif très concret: franchir encore un cap pour s’ouvrir la route du prochain Mondial. Dans ce type de confrontation, l’élan du moment compte autant que le statut sur le papier.
Les joueuses convoquées pour la Côte d’Ivoire féminine
Le groupe retenu par Reynald Pedros comprend, chez les gardiennes, Diakité Aramatou, Lamfir Océane et Amani Leslie. En défense, la sélection s’appuie sur Fofana Aïcha, Cissé Matoba, Bimanta Yabré, Daplé Ada, Diakité Mariam, Gbehi Anastasie, Diawara Mariam et Yapo Aboa Katchi.
Au milieu, figurent Kakouna Amani Bernadette, Gnounoué Erica, Dagba Essi, Sery Ruth, Kokora Sylviane, Kouassi Rosemonde, Elloh Rebecca, Frédérique Abrogoua, Behinan Mélissa, Koko Ange, Ballo Salimata et Doudou Yetti. En attaque, Diallo Ami, Kreto Priscille, Konan Inès, Huviezo Anne et Nsira Safi Ouédraogo composent la ligne offensive.
Ce quart de finale contre l’Algérie dira beaucoup plus qu’un simple résultat. Il dira si la Côte d’Ivoire féminine peut transformer son retour en CAN en véritable relance internationale, avec le Brésil 2027 en ligne de mire.