Privé d’Achraf Hakimi pour deux matches et d’Ismael Saibari pour la première rencontre, le Maroc abordera son entrée dans les éliminatoires de la CAN 2027 avec un chantier ciblé plutôt qu’une refonte. Face au Gabon puis au Lesotho lors du prochain rassemblement international, Mohamed Ouahbi devra tester des solutions crédibles sans toucher à l’ossature qui a conduit les Lions de l’Atlas jusqu’en quarts de finale du Mondial 2026.
Le dossier dépasse la simple gestion de suspensions. Il pose une question de fond sur la profondeur d’un effectif appelé à durer entre deux grandes compétitions, et sur la capacité du staff à préserver une identité de jeu quand deux profils aussi structurants manquent à l’appel. Dans cette optique, les choix tactiques du sélectionneur seront scrutés avec autant d’attention que les pronostics de compétitions voisines comme Indonésie – Viet Nam en ASEAN Cup 2026.
Le couloir droit, bien plus qu’un remplacement poste pour poste
L’absence de Hakimi retire au Maroc davantage qu’un capitaine. Dans le football contemporain, un latéral de ce registre n’assure pas seulement la couverture défensive: il donne de la largeur, accélère les transitions et crée souvent la supériorité numérique sur son aile. Remplacer ce volume, cette projection et cette influence demande donc un choix de structure autant qu’un choix d’homme.
Parmi les pistes évoquées figurent Ali Maamar, qui s’est signalé récemment en Belgique avec Anderlecht, et Omar El Hilali, déjà repéré dans l’environnement de la sélection. Une autre hypothèse consisterait à replacer Noussair Mazraoui à droite, son poste naturel, puis à réorganiser le côté gauche avec Anass Salah-Eddine. Cette option offrirait davantage de continuité tactique, au prix d’un ajustement sur l’autre flanc. Pour les supporters ivoiriens, ces débats tactiques s’accompagnent souvent d’un intérêt croissant pour les plateformes de paris comme Betway Côte d’Ivoire, qui structurent aussi l’écosystème du football africain.
Saibari oblige le staff à trancher sur l’animation offensive
La suspension de Saibari ouvre un débat différent, mais tout aussi important. Le milieu du Bayern avait montré, avant sa blessure en huitièmes de finale contre le Canada, qu’il pouvait occuper un rôle de faux neuf, précieux pour décrocher entre les lignes, attirer les centraux et libérer des espaces pour les joueurs de côté.
Mohamed Ouahbi peut reconduire cette logique avec Bilal El Khannouss, dont la lecture des intervalles et la qualité technique favorisent un jeu de position plus fluide. Il peut aussi revenir à un avant-centre plus classique. Sofiane Rahimi et Ayoub El Kaabi ne proposent pas le même football: le premier apporte mobilité et déséquilibre, le second vit davantage dans la surface, où ses déplacements et son sens de la finition pèsent face à des blocs bas. Ce choix dira beaucoup de l’intention marocaine: attirer et combiner, ou occuper l’axe et attaquer plus directement la zone de vérité.
Une transition maîtrisée plutôt qu’une révolution d’effectif
Le signal envoyé par le staff est clair: élargir progressivement la base sans casser les automatismes. C’est souvent la ligne de crête des sélections ambitieuses. Les rassemblements de qualification servent à gagner, mais aussi à préparer la suite, en intégrant de nouveaux profils dans un cadre déjà établi. Cette logique rappelle celle d’autres sélections africaines en reconstruction, comme la Côte d’Ivoire avec le retour d’Hervé Renard, détaillé récemment dans nos pages à propos de son retour à la tête des Éléphants de Côte d’Ivoire.
Les déplacements annoncés de Mohamed Ouahbi et de son adjoint João Sacramento en Europe relèvent de cette logique. Suivre les joueurs au plus près permet de juger non seulement leur forme, mais aussi leur temps de jeu, leur adaptation tactique et leur capacité à s’insérer dans les exigences internationales, très différentes du rythme des clubs.
La surveillance de jeunes éléments comme Abdellah Ouazane, Adam Aznou, Othmane Maamma, Abdelhamid Aït Boudlal, Ismail Baouf, Rayane Bounida, Yannis Bekraoui ou le gardien Yannis Benchaouch montre que le Maroc pense déjà au-delà de septembre. Les deux premiers matches des éliminatoires offriront un premier test de cette méthode: rester compétitif tout de suite, tout en préparant la prochaine couche de talents. Pour une sélection installée parmi les références africaines, c’est souvent là que se joue la continuité réelle.