Des montres de luxe et un million de rands : les rumeurs qui entourent les Bafana Bafana


À Atlanta, pendant que Teboho Mokoena transformait son penalty pour arracher le match nul face à la Tchéquie, une autre histoire prenait forme dans les coulisses du Mondial 2026 : celle de montres à plus de 800 000 rands sud-africains, prétendument offertes aux joueurs de l’équipe nationale par le milliardaire Johann Rupert. L’affaire, non confirmée par aucune des parties concernées, alimente depuis plusieurs jours les spéculations sur les réseaux sociaux et pose une question qui dépasse largement le cadre sportif : celle des cadeaux privés aux footballeurs professionnels et des obligations éthiques qui en découlent.

Une vidéo, une boutique d’Atlanta, et une rumeur qui s’emballe

Tout est parti d’un post Instagram du détaillant de joaillerie de luxe Icebox, basé à Atlanta. La boutique y montrait plusieurs joueurs sud-africains parcourant ses rayons, scrutant des montres haut de gamme avant de repartir avec des sacs à l’enseigne de la maison. Le texte accompagnant la vidéo se voulait anodin : « Ce fut un privilège de travailler avec l’équipe nationale d’Afrique du Sud pendant leur séjour à Atlanta pour la FIFA 2026. » Mais sur les réseaux, le mot « travailler » a suffi à déchaîner les interprétations.

Des internautes ont rapidement associé ces images au nom de Johann Rupert, président du groupe Richemont, l’un des plus grands conglomérats mondiaux de luxe – propriétaire notamment des marques Cartier, IWC, Jaeger-LeCoultre ou encore Vacheron Constantin. Les marques évoquées dans les rumeurs, Rolex, Patek Philippe et Audemars Piguet, ne font pas partie du portefeuille Richemont mais représentent le sommet de l’horlogerie de prestige, avec des prix qui peuvent aisément dépasser plusieurs millions de rands selon les modèles. Aucun élément factuel ne permet à ce stade de confirmer qui a payé quoi, ni même si des achats ont réellement eu lieu au bénéfice des joueurs.

Selon des informations également non vérifiées, Rupert aurait promis une prime d’un million de rands par joueur en cas de victoire contre la Corée du Sud lors du dernier match du groupe A, prévu le 25 juin. Ni Rupert lui-même, ni la Fédération sud-africaine de football (SAFA), ni le staff de Bafana Bafana n’ont confirmé ces allégations. Pour les parieurs, ce contexte ajoute une dimension supplémentaire au pronostic Afrique du Sud – Corée du Sud au Mondial 2026.

La FIFA, les bonus privés et la zone grise réglementaire

La question des cadeaux et primes versés par des tiers privés à des sélections nationales n’est pas nouvelle dans le football mondial, mais elle reste juridiquement et éthiquement sensible. La FIFA encadre strictement les rémunérations et avantages accordés aux joueurs dans le cadre des compétitions qu’elle organise, notamment pour prévenir tout conflit d’intérêts ou pression extérieure susceptible d’influencer les résultats. Des primes de victoire versées par des États ou des mécènes privés existent dans de nombreuses sélections africaines, mais leur transparence varie considérablement d’un pays à l’autre.

En Afrique du Sud, Rupert entretient des liens bien documentés avec le football : il est notamment associé à la structure de Stellenbosch FC, club de première division dont l’ascension ces dernières années est en partie attribuée à un soutien financier solide. Son intérêt pour le football national n’est donc pas nouveau. Mais un geste aussi ostentatoire que l’offre de montres de luxe à des joueurs en pleine Coupe du monde, s’il était confirmé, soulèverait des questions légitimes sur la gouvernance du football sud-africain et sur la frontière entre soutien patriotique et influence privée. Ces interrogations rejoignent plus largement celles sur la manière dont le football africain regorge de talents, mais manque encore de systèmes pour les transformer en champions.

Sur le terrain, l’essentiel reste à jouer

Les Bafana Bafana abordent cette dernière journée de groupe avec un bilan d’un point : une défaite 2-0 contre le Mexique, pays hôte du tournoi, suivie du match nul décroché laborieusement face à la Tchéquie. Ce point a été acquis dans l’adversité – l’équipe de Hugo Broos a encaissé un but dès la sixième minute, signé Michal Sadilek, avant de revenir au score grâce à Mokoena sur penalty à la 83e minute, après un handball dans la surface tchèque.

Une victoire contre la Corée du Sud serait historique. L’Afrique du Sud n’a participé à la Coupe du monde qu’à trois reprises en tant qu’invitée ou qualifiée de droit – en 1998, 2002 et lors de l’édition qu’elle avait organisée en 2010. À chaque fois, le premier tour avait marqué la fin de l’aventure. Franchir cette barrière en 2026, sur le sol américain, représenterait un tournant symbolique pour le football sud-africain, dont le développement a souvent été freiné par des difficultés structurelles et des scandales de gouvernance.

Qu’une prime financière ou un cadeau de luxe puisse motiver des joueurs professionnels déjà engagés dans la compétition la plus suivie au monde reste une question ouverte. Ce qui est certain, c’est que la pression collective d’un pays de 62 millions d’habitants – et peut-être aussi, selon la rumeur, celle d’un milliardaire généreux – pèse désormais sur les épaules de Broos et de ses hommes à l’approche du coup d’envoi face aux Sud-Coréens. Pour ceux qui souhaitent miser sur cette rencontre et d’autres affiches du Mondial, il est possible de comparer les offres des principaux opérateurs via la page dédiée aux bookmakers en Côte d’Ivoire.

auteur

Frank Zadi

Frank Zadi est originaire de San Pedro. En 2016, il était correspondant local. Il a ensuite collaboré avec des journaux nationaux en tant que pigiste. Il a travaillé dans une station de radio locale à Abidjan. Il travaille pour Bookmakers225.ci…

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