Trente-deux équipes, seize affiches à élimination directe : la Coupe du monde 2026 entre dans sa phase décisive après trois semaines d’une phase de groupes inédite. Pour la première fois de l’histoire du tournoi, quarante-huit nations ont pris part à la compétition répartie en douze groupes, dont les deux premiers qualifiés automatiquement rejoignaient les huit meilleurs troisièmes pour composer un tableau de 32 équipes. Le résultat : un tableau des huitièmes aussi dense que contrasté, qui mêle les favoris habituels aux outsiders ayant su saisir leur chance.
Un format élargi qui redistribue les cartes
La formule à 48 équipes, adoptée par la FIFA pour cette édition trinationale organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, introduit une couche de complexité inédite. Fini le temps où deux groupes de quatre décidaient tout en quelques matchs. Ici, douze groupes de quatre équipes, et la règle du meilleur tiers : une disposition qui maintient en vie des équipes qui, sous l’ancienne formule, auraient plié bagage après trois défaites ou un bilan insuffisant. La Bosnie-Herzégovine, le Paraguay, l’Équateur, la Suède, le Sénégal, le Congo DR, l’Algérie et le Ghana ont chacun profité de cette fenêtre pour s’inviter dans la phase à élimination directe. Pour certaines de ces sélections, c’est une première historique à ce stade du tournoi mondial.
Ce format pose une question que les observateurs n’ont pas fini de trancher : dilue-t-il le niveau compétitif, ou révèle-t-il des nations en plein essor que le système précédent aurait écartées trop tôt ? Les réponses viendront dans les prochains jours sur les pelouses de Houston, Atlanta, Miami ou Toronto.
Les affiches qui dessinent le tableau
Parmi les seize rencontres programmées entre le 28 juin et le 3 juillet, plusieurs promettent d’emblée un intérêt particulier. La France, qui a terminé première du Groupe I, défiera la Suède mardi soir au MetLife Stadium dans le New Jersey. Face à une équipe nordique solide, la sélection de Didier Deschamps ne pourra pas se permettre de gestion prudente : en huitièmes de finale, la marge d’erreur est nulle. L’Argentine, tenante du titre, se frotte au Cap-Vert – promu de l’édition précédente, symbolisant l’émergence du football africain – vendredi à Miami. Le Brésil, lui, rencontrera le Japon à Houston dès lundi, une affiche qui oppose deux des footballs les plus techniques du tournoi.
L’Espagne tenante de son titre européen joue sa continuité contre l’Autriche jeudi à Los Angeles. Le Portugal de Cristiano Ronaldo, toujours présent, fait face à la Croatie à Toronto le même jour – une revanche de rivalités européennes portées sur le sol américain. Et dans un affrontement chargé de symbolique continentale, le Mexique, devant son propre public à l’Estadio Azteca, reçoit l’Équateur mardi soir dans ce qui s’annonce comme l’un des matchs les plus électriques du tour.
Ce que révèle la carte des qualifiés
La géographie du tableau traduit plusieurs tendances lourdes du football mondial. L’Afrique place cinq représentants en huitièmes – Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Congo DR, Cap-Vert, Égypte et Ghana se partagent les affiches – un record qui témoigne d’une progression structurelle des footballs africains, portée par des investissements accrus en infrastructure et en formation. L’Europe reste massivement représentée, avec l’Allemagne, la France, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, la Croatie, la Norvège et la Suède toutes qualifiées. L’Amérique du Sud maintient ses mastodontes – Brésil, Argentine, Colombie – tandis que l’Asie envoie le Japon et l’Australie.
Absentes notables : l’Uruguay, éliminée dès la phase de groupes malgré son histoire centenaire dans le tournoi. L’Iran, la Corée du Sud, la Turquie et l’Arabie saoudite ont également fait leurs valises prématurément. Le Qatar, pays organisateur de l’édition précédente, termine dernier de son groupe – une sortie qui confirme les doutes sur la compétitivité de la sélection qatarie en dehors de ses frontières.
Vers les quarts : ce qui attend les équipes qualifiées
À partir du 28 juin, chaque match est une finale partielle. L’histoire récente des Coupes du monde montre que le huitième de finale est souvent l’étape où les favoris trébuchent : l’Allemagne en 2018, la France en 2022 ont chacune vécu des scénarios inattendus à ce stade. Dans un tableau aussi large, avec seize équipes venant de contextes tactiques et physiques très différents, les surprises sont non seulement possibles, elles sont statistiquement probables.
Le Canada, qui a battu l’Afrique du Sud dès dimanche au SoFi Stadium, a ouvert le bal des huitièmes avec une victoire qui résonne pour une nation dont le football masculin n’avait jamais dépassé ce stade à l’échelle mondiale. Pour les États-Unis, qui accueillent le tournoi et affrontent la Bosnie-Herzégovine mercredi à Santa Clara, la pression domestique est considérable : une élimination précoce sur home soil serait vécue comme un revers sportif autant que symbolique. Le Mondial 2026 ne fait que commencer.