Angleterre-Mexique: l’Angleterre survit au chaos de l’Azteca et relance son rêve mondial


Angleterre-Mexique: l’Angleterre survit au chaos de l’Azteca et relance son rêve mondial

Angleterre-Mexique a tenu toutes ses promesses, et même davantage. Dans l’atmosphère lourde et imprévisible de l’Azteca, les Three Lions ont arraché une victoire majeure face au Mexique (3-2), au terme d’un quart de finale tendu, désordonné, parfois brillant et toujours inconfortable. Ce succès, obtenu dans l’un des stades les plus intimidants du football mondial, redonne de l’élan à la sélection de Thomas Tuchel et nourrit à nouveau ses ambitions dans cette Coupe du monde.

Rien n’a été simple. L’Angleterre a d’abord maîtrisé le rythme, puis accéléré au bon moment. Elle a ensuite vacillé, souffert, perdu un joueur sur expulsion, avant de s’accrocher jusqu’au bout. Dans ce décor hostile, elle a montré autre chose que du talent: du caractère, de l’adaptation et une vraie capacité à survivre à un match qui menaçait de lui échapper à chaque instant.

Jude Bellingham frappe deux fois et change la soirée

Le premier grand tournant est venu de Jude Bellingham. Positionné très près d’Harry Kane dans un dispositif proche du 4-4-2, le milieu anglais a puni le Mexique avec une efficacité redoutable. Sur une montée parfaitement sentie au second poteau, il a d’abord repris de la tête un centre de Bukayo Saka pour ouvrir le score.

Puis, à peine 98 secondes plus tard, il a remis cela. Cette fois, Kane a servi le mouvement, et Bellingham a répété presque la même action pour doubler la mise à la 38e minute. Deux appels similaires, deux gestes propres, deux buts qui ont illustré son intelligence de déplacement autant que son instinct de finisseur.

Sa prestation ne s’est pas limitée à ces deux éclairs. Il a ensuite traversé le match dans plusieurs registres: au cœur du jeu, sur un côté, puis plus haut pour soulager son équipe. Surtout, il a gardé sa lucidité dans un contexte très nerveux. Le Mexique a tenté de le faire sortir de son match, sans succès. Sur ce type de soirée, cela compte presque autant que les buts.

Angleterre-Mexique: un match bascule, puis l’Angleterre résiste

À 2-0, l’Angleterre semblait avoir posé sa main sur la rencontre. Pourtant, juste avant la pause, une erreur défensive sur corner a relancé le Mexique. Julián Quiñones, laissé seul, a réduit l’écart et ramené l’Azteca dans le match. Le scénario idéal pour les Anglais venait de se fissurer.

Le début de seconde période aurait pu appeler à la prudence. L’Angleterre a choisi autre chose. Nico O’Reilly a trouvé le poteau, Anthony Gordon a multiplié les courses, et Bellingham a continué à harceler la relance adverse. Mais le match a replongé dans le chaos sur une transition mexicaine: Jarell Quansah, jusque-là plutôt solide dans un rôle inhabituel de latéral droit, s’est jeté avec trop d’ardeur. Après intervention du VAR, l’arbitre l’a expulsé.

Ce carton rouge aurait pu faire s’effondrer l’équipe de Tuchel. Elle a pourtant eu la bonne réaction. Gordon a pris la profondeur, éliminé son vis-à-vis et provoqué un penalty. Kane, qui avait manqué dans cet exercice face à la Croatie, n’a pas tremblé cette fois. Son but a redonné un peu d’air à l’Angleterre.

Le Mexique a ensuite réduit de nouveau l’écart sur un penalty plus discutable, sifflé après un contact de Kane sur Gutiérrez. Raúl Jiménez a converti la tentative, lui qui aurait pu peser encore plus lourd dans cette soirée. Les dernières minutes ont alors ressemblé à un siège, avec une Angleterre acculée mais encore debout.

Thomas Tuchel gagne son pari tactique

Cette victoire raconte aussi beaucoup de Thomas Tuchel. Le sélectionneur allemand avait prévenu ces derniers jours qu’un parcours profond en Coupe du monde ne se construirait pas forcément dans le glamour. À Mexico, son idée a pris forme de manière très concrète.

Son équipe n’a pas toujours été séduisante, mais elle a été préparée. Pendant une bonne partie de la première période, elle a ralenti le pressing mexicain et limité les situations dangereuses. Ensuite, elle a su attaquer au moment juste. Puis, quand tout s’est emballé, Tuchel a gardé le contrôle depuis son banc.

Le passage à une défense à cinq, avec l’entrée de Dan Burn et un système en 5-3-1, n’avait rien de spectaculaire. En revanche, il a été utile. Burn a apporté sa présence dans le jeu aérien, Pickford a soulagé les siens sur les centres, et même Kane a participé à l’effort défensif. Ce n’était ni propre ni confortable, mais cela a tenu.

L’autre choix fort a concerné Anthony Gordon. Déjà en vue auparavant, l’ailier a encore justifié la confiance de son sélectionneur. Son activité permanente a usé le bloc mexicain et son accélération a provoqué le penalty décisif. Au fond, l’Angleterre a navigué entre plusieurs structures et plusieurs rythmes dans la même rencontre. C’est souvent le signe d’une équipe qui commence à savoir vivre dans un tournoi.

Pickford décisif, Quansah puni, le Mexique frustré

Dans une telle bataille, un gardien peut faire basculer une qualification. Jordan Pickford a eu ce rôle. Dès la première période, il a repoussé deux tentatives importantes de Jiménez. Ensuite, il a imposé sa présence dans la surface, entre sorties autoritaires, ballons boxés et gestion du temps faible. Son style n’a rien de sobre, mais ce genre de match demandait précisément ce mélange d’énergie, d’autorité et de bruit.

À l’inverse, Quansah quitte cette rencontre avec une soirée plus amère. Son expulsion est le vrai point noir anglais. Aligné dans un poste où les solutions étaient limitées, il avait pourtant répondu présent pendant près d’une heure. Son intervention mal maîtrisée a tout compliqué, même si l’Angleterre a finalement évité le pire.

Côté mexicain, la déception est immense. Le parcours jusque-là avait dépassé certaines attentes, avec une sortie de groupe réussie puis une victoire convaincante contre l’Équateur en huitièmes. Mais face à un adversaire plus fort, les limites sont apparues. Le Mexique a eu du cœur, de l’élan par séquences, et une vraie poussée en fin de match. Il lui a manqué davantage de maîtrise pour contenir les attaques rapides anglaises et plus de précision pour transformer sa domination territoriale en occasions nettes.

Tomber à l’Azteca reste un choc émotionnel, surtout dans une compétition organisée en partie à domicile. Mais cette élimination souligne surtout l’écart avec une sélection anglaise plus flexible, plus mature et mieux armée pour ce type de rendez-vous.

L’Angleterre peut regarder plus haut dans cette Coupe du monde

Cette victoire ne fait pas de l’Angleterre un favori incontestable. Elle dit autre chose, peut-être plus important à ce stade: cette équipe sait gagner de plusieurs manières. Elle peut impressionner, gérer, subir, puis survivre. Dans un tournoi long, ce sont souvent ces qualités-là qui prolongent les rêves.

Le contexte renforce encore la portée du résultat. L’Azteca reste un lieu à part, chargé d’histoire, de pression et de mythologie. Gagner là-bas, dans l’altitude, sous la pluie, avec un stade hostile pendant plus de 90 minutes, ne ressemble jamais à une formalité. Cela donne du poids à la performance anglaise, au-delà même du contenu imparfait.

Désormais, l’Angleterre se tourne vers la suite avec un supplément de crédibilité. Le prochain rendez-vous contre la Norvège, à Miami, s’annonce d’un tout autre registre. Il n’y aura plus l’excuse du décor, seulement celle du football pur. Et c’est peut-être la meilleure nouvelle pour Tuchel: son équipe, sans être irrésistible, avance avec de vraies ressources. Pour suivre l’actualité officielle de la compétition, consultez le site de la FIFA.

auteur

Kouadio Yao

Kouadio Yao a fondé Bookmakers225.ci. Début de carrière en 2015. Journaliste indépendant à Abidjan. Plusieurs publications sportives. Pigiste. De 2017 à 2020, rédacteur en chef dans un quotidien. Trois ans de rythme quotidien. En 2024, lancement de son propre site.…

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