Anthony Taylor met un terme à une carrière d’arbitre marquée par les grands rendez-vous
Anthony Taylor a pris sa retraite d’arbitre avec effet immédiat, refermant un parcours de 20 ans au plus haut niveau. À 47 ans, l’Anglais quitte le sifflet après une dernière apparition lors de la victoire de l’Espagne face au Portugal, 1-0, en huitièmes de finale de la Coupe du monde, le 6 juillet.
Cette décision met fin à une trajectoire rare, construite loin des projecteurs dans ses débuts, puis consolidée sur les plus grandes scènes du football européen et international. Taylor a totalisé 831 matches dans sa carrière, dont 668 dans le football professionnel anglais et 432 en Premier League.
Anthony Taylor, de gardien de prison à arbitre de Premier League
Avant de devenir professionnel, Anthony Taylor travaillait comme gardien de prison. Son ascension dans l’arbitrage a pris forme lorsqu’il a intégré la liste de la Football League avant la saison 2006-2007, puis a été promu en Premier League en 2010.
À partir de là, il s’est installé durablement parmi les arbitres de référence en Angleterre. Sa longévité s’explique autant par sa régularité que par la confiance accordée par les instances pour diriger des affiches majeures, semaine après semaine.
Au fil des années, il a aussi été désigné pour les finales les plus prestigieuses du calendrier domestique. Il a notamment dirigé la finale de la EFL Cup en 2015, la Community Shield en 2015, la finale des play-offs de Championship en 2018, ainsi que deux finales de FA Cup, en 2017 et 2020.
Une présence constante sur la scène internationale pour Anthony Taylor
La carrière d’Anthony Taylor ne s’est pas limitée à l’Angleterre. Pendant 14 ans, il a figuré sur la liste FIFA des arbitres et a officié dans 163 rencontres internationales.
Son parcours l’a conduit sur plusieurs grands tournois. Il a arbitré la Coupe du monde 2022, l’Euro 2020 et l’Euro 2024, tout en étant appelé sur certaines des affiches les plus exposées de l’UEFA.
Parmi elles figurent la Super Coupe de l’UEFA 2020, la finale de la Ligue des nations 2021 et la finale de la Ligue Europa 2023. À ce niveau, la marge d’erreur se réduit, et l’exposition médiatique devient totale.
Anthony Taylor avait même été envisagé pour la finale de la Coupe du monde 2022, avant d’être finalement écarté dans un contexte de tensions politiques autour de l’Argentine, l’un des finalistes. Ce détail illustre à quel point la carrière d’un arbitre d’élite dépend aussi d’équilibres plus larges que le seul terrain.
Un départ salué par Howard Webb après Anthony Taylor
Howard Webb, responsable de l’arbitrage chez Pro Ref, a rendu hommage à l’Anglais. Il a souligné son apport au football, en Angleterre comme sur la scène internationale, et a rappelé qu’il avait été régulièrement choisi pour les rencontres les plus importantes.
Le message est clair: Anthony Taylor laisse l’image d’un arbitre de confiance, appelé quand l’enjeu montait d’un cran. Sa sortie marque la fin d’un cycle pour l’arbitrage anglais, tant il a occupé une place visible pendant plusieurs saisons.
De son côté, Taylor a expliqué que diriger au plus haut niveau était un privilège immense, mais aussi une fonction soumise à une pression permanente. Il a estimé que le moment était venu de céder la place et d’aborder un nouveau chapitre de sa carrière.
Des soirées marquantes et des épisodes tendus pour Anthony Taylor
La carrière d’Anthony Taylor a aussi connu des moments particulièrement exposés. Sa gestion du match Danemark-Finlande à l’Euro 2020 a été largement saluée, après l’arrêt cardiaque de Christian Eriksen sur la pelouse. Dans une soirée bouleversée par l’émotion, son attitude a été remarquée pour sa maîtrise.
À l’inverse, la finale de la Ligue Europa 2023 a laissé une trace plus conflictuelle. Après la rencontre, José Mourinho, alors entraîneur de la Roma, avait violemment pris à partie l’arbitre et lui avait lancé qu’il était “a disgrace”. L’incident s’était poursuivi dans un parking, avant une sanction de quatre matches pour le technicien portugais.
Anthony Taylor et sa famille avaient aussi subi des insultes de la part de supporters à l’aéroport de Budapest, après cette finale. Ce climat rappelle à quel point l’arbitrage de haut niveau expose bien au-delà des 90 minutes.
En quittant le terrain, l’Anglais laisse derrière lui une carrière dense, faite de finales, de tournois majeurs et de décisions observées à la loupe. Son départ marque la fin d’un nom très identifié dans le paysage arbitral européen.