Hugo Broos suspend sa décision : l’avenir de Bafana Bafana reste en suspens


Éliminés au 32e de finale de la Coupe du monde par le Canada sur le score d’un but à zéro au SoFi Stadium de Los Angeles, les Bafana Bafana quittent la compétition avec des regrets, mais aussi une question brûlante : qui dirigera l’équipe nationale sud-africaine dans les prochains mois ? Hugo Broos, sélectionneur belge en poste depuis cinq ans, a refusé de trancher publiquement sur son avenir, promettant une clarification « dans les prochains jours ». Une formulation délibérément ambiguë qui laisse entière la question de sa succession.

Un départ annoncé, mais pas encore acté

Broos avait pourtant semblé clair ces dernières semaines : ce Mondial serait le dernier de sa carrière sur un banc de touche international, et son contrat avec la Fédération sud-africaine de football (SAFA) ne serait pas renouvelé. Mais au moment de s’exprimer après la défaite face au Canada, l’entraîneur a introduit une nuance significative. « Je verrai au cours des prochains jours ce que je ferai à l’avenir. Ce qui se passe dans les prochaines semaines dépend aussi un peu de la manière dont l’Afrique du Sud envisage l’avenir avec moi », a-t-il déclaré.

Cette déclaration ne ferme aucune porte. Elle suggère que Broos, loin d’être indifférent à ce que la fédération lui proposera, attend de mesurer l’intérêt que son employeur lui manifestera avant de confirmer son retrait définitif. Cinq ans de mandat, une qualification historique au Mondial après vingt-quatre ans d’absence – la dernière remontant à 2002, sur le sol sud-africain -, et une crédibilité retrouvée sur la scène internationale : le bilan plaide en sa faveur, même si le premier tour a eu raison des ambitions.

Une défaite qui révèle les limites structurelles du football sud-africain

La leçon de la rencontre face au Canada a été administrée avec lucidité par Broos lui-même. « Nous avons perdu parce qu’il manquait de puissance et de vitesse à notre équipe comparée au Canada. Le football moderne, c’est plus que de la technique, c’est de la puissance et de la vitesse. » Un constat d’une franchise rare dans un milieu où les entraîneurs ont souvent tendance à chercher des circonstances atténuantes.

Ce diagnostic pointe vers une réalité que l’entraîneur a mentionnée sans détour : la majorité des joueurs sud-africains évoluent dans la Premier Soccer League (PSL) locale, un championnat qui, selon lui, se situe à deux niveaux en dessous des exigences physiques et tactiques d’une phase à élimination directe en Coupe du monde. Ce fossé entre le niveau domestique et les standards mondiaux n’est pas propre à l’Afrique du Sud – nombre de fédérations africaines font face à la même équation -, mais il reste un obstacle structurel qu’aucun staff technique ne peut combler par la seule préparation d’une compétition.

Pitso Mosimane en embuscade pour une succession délicate

Dans les coulisses de la fédération, le nom de Pitso Mosimane circule avec insistance. L’entraîneur sud-africain, figure majeure du football continental avec ses passages remarqués aux commandes de Mamelodi Sundowns puis d’Al Ahly, est présenté comme le candidat naturel pour prendre la tête des Bafana Bafana avant le démarrage des qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations 2027, prévues en septembre.

Broos, lui, a choisi de ne pas s’immiscer dans ce dossier. « Je n’imposerai pas mes conseils au nouvel entraîneur », a-t-il précisé, tout en ajoutant que son successeur héritera d’« une très bonne équipe ». Un hommage indirect à son propre travail de construction, mais aussi un message d’encouragement à destination d’une génération de joueurs qui, malgré l’élimination, ont porté leur pays au-delà d’une qualification symbolique. Pour un pays qui avait disparu des radars du football mondial depuis plus de deux décennies, ce retour sur la scène internationale constitue en soi un résultat.

Vingt-quatre ans d’attente : le poids de l’histoire

La qualification de l’Afrique du Sud pour ce Mondial représentait bien plus qu’un ticket de participation. En 2002, le pays organisait déjà la Coupe du monde africaine – celle qui se tiendrait finalement en 2010, sur son propre sol – et Bafana Bafana figurait parmi les équipes les plus attendues du continent. Les années qui ont suivi ont été marquées par une instabilité chronique sur le banc, des querelles internes au sein de la fédération, et une série de déceptions en qualification.

L’arrivée de Broos en 2020 a marqué un tournant méthodique plutôt que spectaculaire. Sans promettre de miracles, le Belge a imposé une structure défensive solide, redéfini les critères de sélection et replacé la rigueur tactique au centre du projet. Le chemin parcouru en cinq ans est objectivement considérable, même si la marche du 32e de finale mondial s’est avérée trop haute. La question de qui prendra le relais – et dans quelles conditions – déterminera si ce rebond est durable ou simplement épisodique.

auteur

Frank Zadi

Frank Zadi est originaire de San Pedro. En 2016, il était correspondant local. Il a ensuite collaboré avec des journaux nationaux en tant que pigiste. Il a travaillé dans une station de radio locale à Abidjan. Il travaille pour Bookmakers225.ci…

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