Les frères Hassan redéfinissent le football égyptien avec autorité et passion


Sur le bord du terrain, ils forment une silhouette reconnaissable entre toutes : carrure imposante, visage taillé dans la roche, t-shirt noir, regard qui scrute. Hossam et Ibrahim Hassan, que l’Égypte entière appelle simplement « les jumeaux » comme si un seul nom suffisait pour deux hommes, exercent désormais sur la sélection nationale une emprise qui dépasse largement celle de simples techniciens. Leur arrivée aux commandes de l’équipe égyptienne en 2024 a d’abord suscité la méfiance des analystes et des observateurs, mais les résultats ont imposé le silence : une seule défaite en compétition officielle, une qualification mondiale sans encombre, et un premier match encourageant en Coupe du monde face à la Belgique.

Une légende nationale aux contours tranchants

Pour saisir ce que représentent les frères Hassan en Égypte, il faut comprendre que Hossam demeure le meilleur buteur de l’histoire de la sélection, avec 69 buts en 177 sélections – un palmarès que même Mohamed Salah, aujourd’hui star mondiale du football, n’a pas encore égalé en termes de symbole national. Hossam a remporté trois titres à la Coupe d’Afrique des Nations, là où Salah, à 34 ans, attend encore le sien. Hossam a inscrit le but qualificatif pour la Coupe du monde 1990 en Italie, d’un coup de tête face à l’Algérie. C’est dans ce tournoi que le défenseur écossais Alex McLeish, cité dans le livre World in Motion de Simon Hart, se souvient d’avoir affronté les Égyptiens, « rapides et agressifs », et d’avoir eu le nez cassé par Hossam lors d’un duel aérien en match amical. Le personnage n’a jamais ménagé ses adversaires.

Ibrahim, lui, a suivi un chemin parallèle – au sens presque littéral. Arrière droit de formation, il a parfois évolué au milieu de terrain, notamment lors de leurs années en Europe : PAOK en Grèce, puis Neuchâtel Xamax en Suisse, où ils ont été entraînés par Roy Hodgson. C’est sous les couleurs suisses qu’Ibrahim a signé un coup franc célèbre face au Real Madrid lors de la saison 1991-92. Ensemble, les frères ont incarné une forme d’inséparabilité sportive : là où l’un allait, l’autre suivait, que ce soit à Al Ahly, en Europe, ou à Al Ain aux Émirats arabes unis.

Le transfert à Zamalek, ou le séisme cairote

En 2000, leur décision de rejoindre le Zamalek – club rival historique d’Al Ahly, là où ils avaient débuté et construit leur légende – a provoqué un choc culturel d’une intensité difficile à mesurer de l’extérieur. Haytham Farouk, coéquipier au Zamalek à cette époque, raconte avoir assisté à la conférence de presse de signature en se disant que c’était « l’affaire du siècle ». La rivalité entre Al Ahly et Zamalek est bien documentée : elle plonge ses racines dans l’histoire coloniale de l’Égypte. James Montague, dans son ouvrage When Friday Comes, rappelle qu’Al Ahly, fondé en 1907, s’est construit comme un club populaire, bouclier contre l’occupation britannique, tandis que Zamalek était perçu comme le club des étrangers et de ceux que le nationalisme égyptien accusait de collaboration. La fracture n’était pas seulement sportive : elle était sociale, idéologique, identitaire.

Malgré ce contexte explosif, les Hassan ont contribué à trois titres de championnat et une Ligue des champions de la CAF sous les couleurs de Zamalek. Avec le temps, une partie des supporters d’Al Ahly leur a pardonné. Ibrahim, pourtant, ne s’est jamais totalement défait d’une posture de défi permanent. Après la victoire du Zamalek 2-1 face à Al Ahly en 2021, il n’a pas hésité à déclarer que « Dieu engloutirait la terre » sous les pieds de quiconque oserait les défier. Le personnage, dans ses excès, reste fidèle à lui-même.

Des entraîneurs atypiques qui produisent des résultats concrets

Leur arrivée sur le banc national ne s’est pas faite sans turbulences. Hossam a obtenu le poste en 2024 en remplaçant le Portugais Rui Vitoria, écarté après une élimination en huitièmes de finale. Mais avant même sa nomination, il avait alimenté la polémique en déclarant que Mohamed Salah, blessé aux ischiojambiers lors de la Coupe d’Afrique des Nations en Côte d’Ivoire, n’avait pas à rentrer en sélection s’il n’était pas pleinement rétabli – « Nous avons les hommes pour faire le travail », avait-il affirmé. L’Égypte n’a effectivement pas fait le travail ce soir-là, et la formule a sonné creux. Depuis, Hossam a publiquement soutenu Salah avec constance, signalant une maturité managériale que ses détracteurs ne lui prêtaient pas. Pour les parieurs intéressés par les performances des sélections africaines, un pronostic France Sénégal illustre bien l’importance de ces dynamiques de groupe.

Ibrahim, lui, continue d’occuper l’espace d’une manière qui déconcerte les observateurs étrangers. Lors de la CAN au Maroc en début d’année, il apparaissait dans les salles de presse, s’asseyait parmi les journalistes et intervenait – vigoureusement – dans les conférences de presse de son frère. Son rôle officiel est celui de directeur sportif, une fonction habituellement exercée depuis les tribunes. Ibrahim, visiblement, ne s’embarrasse pas de conventions.

Haytham Farouk, qui les a côtoyés à la fois comme adversaire et comme coéquipier, résume bien leur impact sur la sélection actuelle. Selon lui, le lien entre les joueurs est palpable pour la première fois depuis longtemps, et la connexion humaine que les jumeaux entretiennent avec leur groupe reflète une compréhension profonde des enjeux psychologiques du football égyptien. « Ils ont géré cette pression toute leur vie », conclut-il. C’est peut-être leur vraie qualification pour le poste. Dans le même esprit, la manière dont la Coupe du Monde 2026 enflamme trois nations montre à quel point la pression médiatique et populaire façonne aussi les paris sportifs.

L’Égypte, Salah et le poids de l’histoire

La question de l’héritage reste ouverte. Mohamed Salah est incontestablement le premier footballeur égyptien à avoir acquis une dimension planétaire, portant son pays vers deux qualifications en Coupe du monde grâce à ses performances en club. Mais l’histoire du football égyptien est plus longue, plus dense, et plus conflictuelle que ce que la récente gloire de Liverpool laisse percevoir. Les Hassan en sont les gardiens ambivalents : personnages clivants, parfois incontrôlables, mais profondément ancrés dans la culture d’un pays qui exige de ses champions bien plus que des résultats. Elle exige une âme. Les jumeaux, à leur manière explosive, en ont une. Pour suivre et miser sur les grandes compétitions internationales, les parieurs ivoiriens peuvent s’appuyer sur des plateformes comme Betway Côte d’Ivoire, qui accompagne l’essor du football africain sur la scène mondiale.

auteur

Kouadio Yao

Kouadio Yao a fondé Bookmakers225.ci. Début de carrière en 2015. Journaliste indépendant à Abidjan. Plusieurs publications sportives. Pigiste. De 2017 à 2020, rédacteur en chef dans un quotidien. Trois ans de rythme quotidien. En 2024, lancement de son propre site.…

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