Modric accuse l’arbitrage après l’élimination de la Croatie face au Portugal
Luka Modric n’a pas masqué sa colère après la sortie de la Croatie en seizièmes de finale de la Coupe du monde, battue par le Portugal au terme d’un scénario étouffant à Toronto. Le capitaine croate, apparu pour la 202e fois sous le maillot national dans ce qui ressemble fortement à sa dernière sélection, a directement pointé l’influence du statut portugais et de Cristiano Ronaldo sur certaines décisions arbitrales.
Au-delà de l’élimination, c’est surtout la manière qui a laissé un goût amer au milieu de terrain. La Croatie pensait encore pouvoir arracher la prolongation dans les dernières secondes, avant que l’égalisation signée Josko Gvardiol ne soit annulée après intervention de la VAR. Pour Modric, cette décision, ajoutée au penalty accordé au Portugal plus tôt dans le match, a pesé lourd dans le destin de son équipe.
Un match renversant, puis une fin cruelle pour la Croatie
La rencontre avait pourtant commencé dans le bon sens pour les Croates. Ivan Perisic avait ouvert le score et placé son équipe devant, avant que le Portugal ne revienne grâce à un penalty transformé par Cristiano Ronaldo. Ensuite, alors que le match semblait filer vers un dénouement plus incertain, Gonçalo Ramos a donné l’avantage aux siens d’une tête à la 94e minute.
La soirée n’était toutefois pas terminée. Dans un ultime élan, la Croatie a cru égaliser dans les tout derniers instants. Mais après vérification vidéo, le but de Gvardiol a été refusé. Les images ont conduit les officiels à considérer qu’Igor Matanovic avait dévié le ballon, ce qui rendait l’action irrégulière pour hors-jeu.
C’est précisément ce point qui a fait bondir Modric. Selon lui, aucune preuve claire ne permettait d’affirmer que Matanovic avait bien touché le ballon. Dans son analyse, si ce contact n’existe pas, l’action est valable et l’égalisation aurait dû être accordée. À ses yeux, la décision a donc privé la Croatie d’une chance légitime de poursuivre son match.
Luka Modric vise aussi le penalty accordé à Ronaldo
La contestation de Luka Modric ne s’est pas limitée au but refusé. Le capitaine croate s’en est aussi pris au penalty accordé au Portugal, après une action sur corner entre Nikola Vlasic et Renato Veiga. L’arbitre Espen Eskas, invité à revoir les images au bord du terrain, a finalement désigné le point de penalty.
Pour Modric, cette intervention de la VAR n’avait pas lieu d’être. Il estime que les deux joueurs se tenaient et se poussaient mutuellement, sans faute suffisamment nette pour justifier une telle sanction. Son message est clair: sur une action grise, l’assistance vidéo ne devrait pas intervenir, sauf en cas d’erreur manifeste.
Le Croate a d’ailleurs développé un reproche plus large sur l’utilisation de la technologie. Il a rappelé qu’il avait toujours entretenu une certaine méfiance vis-à-vis de la VAR, même s’il lui reconnaît une utilité dans certaines situations. En revanche, il juge son application trop irrégulière, parfois sélective, et influencée par le poids des équipes en présence.
C’est là que sa sortie prend une dimension plus politique. Sans détour, Modric a laissé entendre que la réputation du Portugal et l’aura de Cristiano Ronaldo avaient pu peser dans la balance. Une accusation forte, prononcée à chaud, mais révélatrice du sentiment d’injustice ressenti dans le camp croate.
Modric dénonce un sentiment d’injustice récurrent pour la Croatie
Dans ses réactions d’après-match, le Ballon d’Or 2018 a insisté sur un point: ce type de décisions, selon lui, tombe trop souvent du mauvais côté pour la Croatie. Il n’a pas voulu réduire la défaite à l’arbitrage, mais il a clairement expliqué que ces épisodes finissent par user un groupe, surtout quand ils surviennent à un moment aussi sensible d’une grande compétition.
Son discours ne portait pas seulement sur lui-même. Modric a aussi évoqué les jeunes joueurs de la sélection, ceux qui découvrent ce niveau et qui se retrouvent marqués par une sortie aussi frustrante. Derrière la colère, il y avait donc aussi une forme de protection envers le vestiaire, comme si le capitaine voulait défendre l’honneur d’un groupe qu’il juge digne d’un meilleur sort.
Il a tout de même tenu à préserver l’essentiel: la fierté du contenu proposé, notamment en seconde période. Malgré l’élimination, il a salué la combativité et l’image renvoyée par son équipe. Une façon de refermer la soirée sur une note plus digne, même si l’amertume dominait encore largement ses mots.
La dernière de Luka Modric avec la Croatie?
Ce match pourrait désormais rester comme la dernière apparition internationale de Luka Modric. À 41 ans, le meneur croate est annoncé proche de la retraite, ce qui donne à cette élimination un relief encore plus fort. Finir sur une sortie polémique, avec la sensation d’avoir été privé d’un dernier chapitre, ajoute une part de cruauté à son histoire avec la sélection.
Le parcours de Modric, lui, n’a plus grand-chose à prouver. Avec le Real Madrid, il a construit l’un des palmarès les plus impressionnants de sa génération, avec six Ligues des champions et quatre titres de champion d’Espagne. Il a aussi partagé plusieurs de ces triomphes avec Cristiano Ronaldo, aujourd’hui redevenu malgré lui le symbole du camp adverse dans cette polémique.
Cette fin possible en sélection laisse donc une image contrastée. D’un côté, un immense champion, respecté partout pour son élégance et sa longévité. De l’autre, un capitaine qui quitte peut-être la scène internationale sur un sentiment d’injustice profonde. Pour suivre l’actualité officielle des grandes compétitions internationales, le site de la FIFA reste la référence.
Une chose est sûre: même dans la défaite, Modric n’a pas choisi le silence. Et quand une légende de ce rang met aussi frontalement en cause l’arbitrage et l’usage de la VAR, le débat dépasse vite le simple cadre d’un match perdu.