Plus de 4,6 millions de spectateurs ont assisté aux 72 matchs de la phase de groupes de la Coupe du Monde 2026 : un chiffre que la FIFA a présenté comme un record absolu pour ce stade de la compétition. L’annonce, faite à l’issue du premier tour du tournoi, consacre le format élargi à 48 équipes comme un succès populaire immédiat, même si le débat sur sa valeur sportive reste entier. Avec un million de fans supplémentaires par rapport au précédent repère établi en 1994 aux États-Unis – 3 587 538 spectateurs à l’époque -, l’édition nord-américaine de 2026 s’impose d’emblée comme la plus fréquentée de l’histoire à ce stade.
Un format inédit, une arithmétique favorable
Pour comprendre l’ampleur du bond, il faut rappeler le contexte structurel. Jusqu’en 2022, la phase de groupes d’une Coupe du Monde comptait 48 matchs, disputés par 32 équipes réparties en huit poules de quatre. Le nouveau format, approuvé par le Congrès de la FIFA en 2017 et appliqué pour la première fois en 2026, porte le nombre de participants à 48 nations, organisées en seize groupes de trois équipes. Résultat mécanique : 72 rencontres au lieu de 48, soit 50 % de matchs supplémentaires avant même le début de la phase à élimination directe.
Cette augmentation du volume explique en grande partie la progression de la fréquentation globale. Avec trois pays hôtes – les États-Unis, le Canada et le Mexique – et une capacité d’accueil combinée sans équivalent dans l’histoire du football, le tournoi disposait des infrastructures nécessaires pour absorber ce flux. Les stades américains, conçus pour le football américain et le baseball, affichent régulièrement des capacités supérieures à 70 000 places, ce qui confère à cette édition un avantage structurel considérable sur ses prédécesseurs organisés dans des pays aux stades plus modestes. Pour les parieurs, il est aussi essentiel de choisir un opérateur fiable, comme ceux présentés dans notre section dédiée aux bookmakers.
L’héritage de 1994 revisité
La référence au Mondial 1994 n’est pas anodine. Cette édition américaine avait elle-même établi des records de fréquentation qui ont tenu pendant trois décennies – un témoignage de l’engouement populaire pour le football aux États-Unis, à une époque où la Major League Soccer n’existait pas encore. Le fait que 2026 dépasse ce jalon historique sur le même sol, mais avec vingt matchs de plus à disputer, dit autant sur la puissance commerciale et logistique du tournoi actuel que sur sa progression sportive.
Il serait réducteur, cependant, de n’y voir qu’une question d’arithmétique. La coorganisation entre trois nations représente elle-même une première absolue en Coupe du Monde masculine, et la dispersion géographique des matchs – de Vancouver à Mexico, en passant par New York, Los Angeles et Dallas – a permis de mobiliser des bassins de population très différents, avec des diasporas nationales nombreuses capables de se déplacer pour soutenir leurs équipes respectives. La phase de groupes a ainsi offert des affiches très suivies comme Pays-Bas – Maroc, qui ont contribué à remplir les stades et à maintenir une forte intensité sportive.
Le format élargi face à ses critiques
Les records de fréquentation et de buts ne dissiperont pas entièrement les réserves exprimées par une partie du monde du football depuis l’annonce du passage à 48 équipes. Les détracteurs du nouveau format pointent le risque d’une dilution sportive : avec des groupes de trois équipes, chaque nation ne dispute que deux matchs avant l’élimination ou la qualification, ce qui réduit la marge d’erreur tout en augmentant mécaniquement l’importance du tirage au sort. La question des matchs nuls arrangés – un spectre qui avait hanté certaines phases de groupes par le passé – a également resurgi dans les discussions préalables au tournoi.
La FIFA, de son côté, défend le format au nom de l’universalité : offrir à davantage de confédérations, notamment africaines, asiatiques et nord-américaines, un accès plus large à la compétition répond à une logique d’expansion géographique qui dépasse le seul cadre sportif. Les records enregistrés au terme du premier tour fourniront à l’institution de solides arguments pour défendre ce choix auprès de ses parties prenantes commerciales et institutionnelles. La question de la valeur du spectacle proposé, elle, continuera d’alimenter le débat jusqu’au coup de sifflet final, alors que la phase de groupes du Mondial 2026 s’achève et les huitièmes de finale prennent forme.