L’Afrique s’impose comme la troisième force du football mondial à la Coupe du monde 2026


Neuf équipes africaines sur dix ont franchi le premier tour éliminatoire de la Coupe du monde 2026 – un bilan sans précédent pour le continent, qui efface d’un trait toutes ses performances passées. Alors que l’Europe et l’Amérique latine se disputent, comme à leur habitude, les derniers honneurs du tournoi, l’Afrique s’affirme non plus comme une curiosité du football mondial, mais comme une puissance en construction, dont la trajectoire est difficile à ignorer.

D’une apparition à l’autre : l’Afrique construit son histoire

La présence africaine en Coupe du monde a mis des décennies à s’installer durablement. Entre 1930 et 1986, les équipes du continent ne participaient qu’épisodiquement, sans laisser de trace profonde dans la compétition. C’est le Cameroun, en 1990, qui a tout changé : en atteignant les quarts de finale en Italie, les Lions Indomptables ont signifié au monde que l’Afrique méritait sa place à la plus haute table du football. La suite a confirmé cette promesse : le Nigeria en 1994, le Sénégal en 2002, le Ghana en 2010, et enfin le Maroc en 2022 – premier pays africain à atteindre les demi-finales d’un Mondial – ont chacun tracé un sillon dans l’histoire du tournoi.

En 2026, l’édition organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique a donné au continent l’opportunité de consolider ces acquis dans un format élargi à 48 équipes – une décision prise par la FIFA dès avant 2018. Les sceptiques, qui avaient rappelé qu’aucune des cinq équipes africaines engagées en Russie en 2018 n’avait survécu à la phase de poules, ont reçu une réponse cinglante. Seule la Tunisie, incapable de remporter le moindre match, a quitté la compétition sans médaille d’honneur. Le Cap-Vert, le Congo, l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, l’Égypte et le Maroc ont tous franchi le cap des 32es de finale.

Les craquements dans les dernières minutes : un mal profond à corriger

Le bilan en phases à élimination directe révèle cependant une faille systémique. Sept des neuf équipes africaines qualifiées ont été éliminées, et la plupart l’ont été de manière cruelle, sur des buts tardifs qui ont déchiré des nations entières. Le Canada a battu l’Afrique du Sud à la 92e minute, la Norvège a éliminé la Côte d’Ivoire à la 86e, l’Angleterre a fait de même contre la RD Congo au même moment. La Belgique et l’Argentine ont eu raison respectivement du Sénégal et du Cap-Vert en prolongation. L’Égypte, qui avait survécu aux tirs au but, a cédé face à l’Argentine sur un but tardif, comme l’illustre le duel détaillé dans notre pronostic Argentine Égypte.

Ces défaites partagent un même profil : des équipes africaines qui ont souvent dominé leurs adversaires sur de longues périodes, imposé leur organisation et leur discipline, avant de se replier trop profondément dans les dernières minutes, perdant leur rythme et offrant à des adversaires aguerris l’espace pour frapper. La fatigue physique, des remplacements tardifs et un manque d’expérience dans la gestion des moments à haute pression ont exposé des équipes qui, tactiquement, auraient pu prétendre aller plus loin. La résilience mentale en fin de match – cette capacité à maintenir la ligne et le niveau d’intensité quand tout vacille – reste le chantier prioritaire pour les staffs techniques africains.

Il existe pourtant une nuance importante : l’Égypte et le Maroc ont tous deux passé leur tour grâce aux tirs au but, ce qui témoigne d’une solidité défensive réelle et d’une combativité que les éditions précédentes ne laissaient pas nécessairement présager.

Le Maroc comme modèle, le Cap-Vert comme révélation

Au sein du groupe africain, le Maroc occupe une place à part. Trente-deux ans après une campagne de 1994 où ils avaient enchaîné les défaites en phase de groupes face à la Belgique, aux Pays-Bas et à l’Arabie saoudite, les Lions de l’Atlas se retrouvent en quart de finale face à la France, cherchant à égaler ou dépasser leur exploit historique de 2022. Dans les phases de groupes de cette édition, ils ont tenu en échec le Brésil et écarté l’Écosse et Haïti avant d’éliminer les Pays-Bas et le Canada – co-organisateurs – en phase à élimination directe. Ce choc face aux Bleus est d’ailleurs au cœur de notre analyse dans Maroc contre France en quart de finale : le foot africain cherche son drapeau.

L’ancien capitaine du Nigeria William Troost-Ekong, interrogé par BBC Sport Africa, a attribué cette progression à un investissement structurel de long terme : des académies, des infrastructures, une cohérence dans les sélections de jeunes. « Le Maroc a investi non seulement de l’argent, mais aussi du temps et des efforts, avec une idée claire de la façon dont il peut progresser », a-t-il déclaré. C’est ce modèle – patient, structuré, ancré dans le développement des talents à la base – que le reste du continent africain observe avec attention.

Le Cap-Vert, de son côté, a offert l’une des révélations du tournoi. Nation débutante et parmi les plus petites du continent à se qualifier, les Haïs ne se sont inclinés qu’en prolongation face à l’Argentine, après avoir terminé leur phase de groupes sans défaite contre l’Espagne et l’Uruguay – deux anciens champions du monde. Leur élimination, sur un but contre son camp, n’a rien ôté à la portée symbolique de leur parcours.

L’Afrique devant l’Asie : une leçon de développement footballistique

Pour mesurer l’ampleur des progrès africains, la comparaison avec l’Asie est éclairante. Sur neuf équipes asiatiques engagées dans cette édition, seules le Japon et l’Australie ont atteint les 8es de finale, où elles ont toutes deux été éliminées. Le reste du contingent asiatique a quitté la compétition dès la phase de groupes. L’écart entre les deux continents n’est pas uniquement tactique ou athlétique : il est aussi structurel.

Jamal Sellami, sélectionneur de la Jordanie – qui disputait sa première Coupe du monde -, a confié à la BBC que la différence fondamentale réside dans l’exposition des joueurs africains aux plus grands championnats européens. De nombreux internationaux africains évoluent au quotidien dans des compétitions de très haut niveau en Angleterre, en Espagne, en France, en Italie ou en Allemagne. Cette immersion permanente dans l’élite façonne des joueurs capables de gérer la pression des grandes rencontres et de lire les situations tactiques complexes avec une maturité que les compétitions locales seules ne peuvent pas apporter.

L’expansion du Mondial à 48 équipes a permis à des nations comme le Cap-Vert et la RD Congo de fouler pour la première fois la scène mondiale. Loin d’avoir dilué le niveau de la compétition, leur présence a enrichi le tournoi de récits inattendus et démontré que le vivier africain est profond. La question n’est plus de savoir si l’Afrique mérite ses places supplémentaires, mais combien de temps il lui faudra encore pour placer une équipe en finale. Pour suivre et parier sur ces futures épopées, les parieurs ivoiriens peuvent s’appuyer sur les meilleurs sites listés dans notre guide bookmakers pour la Côte d’Ivoire.

auteur

Frank Zadi

Frank Zadi est originaire de San Pedro. En 2016, il était correspondant local. Il a ensuite collaboré avec des journaux nationaux en tant que pigiste. Il a travaillé dans une station de radio locale à Abidjan. Il travaille pour Bookmakers225.ci…

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