Le ministère marocain de l’Éducation dément des citations fabriquées sur l’Afrique


Des propos que le ministre Mohamed Saad Berrada n’a jamais tenus ont circulé ces derniers jours sur plusieurs plateformes numériques et dans certains médias, provoquant une polémique artificielle sur les liens du Maroc avec le continent africain. Le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a réagi sans ambiguïté : chacune des citations attribuées au ministre est un faux, et aucune ne reflète ni ses positions personnelles ni la ligne officielle du Royaume.

Des citations inventées, une controverse réelle

Les fausses déclarations prêtées à Berrada affirmaient que le Maroc ne représente pas l’Afrique, que la sélection nationale de football se situerait en dehors du continent, et que le pays n’aurait pas besoin du soutien africain. Des affirmations suffisamment provocatrices pour enflammer les réseaux sociaux, où elles ont rapidement attiré des milliers de réactions avant même que leur authenticité soit vérifiée.

Le ministère a précisé que le ministre n’a accordé aucune interview sur ce sujet et n’a fait aucune déclaration publique en lien avec cette question. La source de ces citations reste donc introuvable – parce qu’elle n’existe pas. Les autorités ont d’ores et déjà signalé leur intention d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de cette fabrication, ce qui confère à l’épisode une dimension légale que les simples démentis habituels ne comportent pas.

Le football national, vecteur d’identité et cible de choix

Le choix de la sélection nationale comme point d’entrée de la désinformation n’est pas anodin. Depuis la percée historique du Maroc lors de la Coupe du monde 2022, où l’équipe a atteint les demi-finales pour la première fois de son histoire, les Lions de l’Atlas incarnent une fierté nationale mais aussi un symbole de représentation continentale. Le Maroc avait alors été salué dans une large partie de l’Afrique subsaharienne comme le porteur de l’ambition footballistique du continent tout entier. Dans cette dynamique, le prochain pronostic France Maroc CM 2026 sera scruté comme un nouvel épisode de cette représentation africaine sur la scène mondiale.

C’est précisément cette charge symbolique qui rend la sélection vulnérable aux récits polarisants. Alimenter une controverse autour de l’appartenance africaine du Maroc, c’est toucher simultanément à l’identité nationale, aux solidarités régionales et à la politique extérieure du Royaume – un cocktail explosif sur les réseaux sociaux, indépendamment de la véracité des faits. Une récente analyse sur Maroc contre France en quart de finale : le foot africain cherche son drapeau illustre d’ailleurs à quel point ces enjeux dépassent le simple cadre sportif.

La désinformation prospère là où les identités sont en jeu

Le Maroc entretient avec le continent africain des liens que ni la géographie ni la diplomatie ne résument complètement. La réintégration du Royaume au sein de l’Union africaine en 2017, après plus de trente ans d’absence, a marqué un tournant dans la politique étrangère marocaine. Depuis lors, Rabat a multiplié les accords de coopération avec des États d’Afrique subsaharienne, notamment dans les secteurs bancaire, agricole et de l’infrastructure. Le ministère a d’ailleurs rappelé dans son communiqué que cette appartenance africaine est ancrée dans l’histoire, les échanges culturels et les liens humains – une formulation qui dépasse largement le cadre sportif.

L’épisode illustre un mécanisme bien documenté : la désinformation se propage avec une efficacité maximale lorsqu’elle exploite des questions sensibles d’identité, d’appartenance et de représentation. Une fausse citation attribuée à un responsable politique sur un sujet neutre passerait inaperçue. La même mécanique appliquée au football et à l’africanité du Maroc devient virale en quelques heures. Le ministère l’a compris, qui a choisi d’adresser non seulement le démenti factuel, mais aussi l’appel à la vigilance, en invitant explicitement journalistes et utilisateurs des réseaux sociaux à vérifier l’information avant toute diffusion. Pour suivre ces débats et parier de manière responsable, les supporters se tournent de plus en plus vers des plateformes spécialisées comme les bookmakers en Côte d’Ivoire.

La vérification, un impératif que rappelle chaque crise

Ce n’est pas la première fois que des responsables marocains font l’objet de citations fabriquées diffusées à grande échelle. La rapidité de propagation des fausses informations sur les plateformes numériques dépasse régulièrement la capacité de réaction des institutions concernées. Le délai entre la publication d’une fausse déclaration et son démenti officiel laisse toujours une fenêtre durant laquelle le récit erroné s’installe, est partagé, commenté et parfois repris par des médias qui n’ont pas pris le temps de vérifier.

La menace de poursuites judiciaires contre les auteurs de la fabrication constitue un signal fort. Elle témoigne d’une volonté de ne pas se contenter d’un démenti purement communicationnel, mais d’inscrire la lutte contre la désinformation dans un cadre légal contraignant. Reste à voir si cette voie aboutira à des sanctions effectives – ce qui, en soi, serait un précédent susceptible de modifier les comportements.

auteur

Frank Zadi

Frank Zadi est originaire de San Pedro. En 2016, il était correspondant local. Il a ensuite collaboré avec des journaux nationaux en tant que pigiste. Il a travaillé dans une station de radio locale à Abidjan. Il travaille pour Bookmakers225.ci…

vous aimerez aussi