Hervé Renard assume ses choix et balaie le mot « échec »
Hervé Renard n’a pas mis longtemps à fixer le cadre. Pour sa première conférence de presse comme nouveau sélectionneur de la Côte d’Ivoire, le technicien français a choisi d’évacuer d’emblée l’idée d’un échec possible. Face aux questions sur ses passages en Arabie saoudite et en Tunisie, il a préféré parler d’expérience, de contexte et de défi à relever.
De retour aux commandes des Éléphants pour un second mandat, Renard a affiché une ligne claire: regarder devant. Pas question, à ses yeux, de réduire ses précédentes missions à une sortie par la petite porte. Il revendique au contraire le parcours accumulé, même lorsque la fin d’une aventure n’a pas été celle espérée.
Hervé Renard et l’Arabie saoudite: une histoire marquée par l’instabilité
Le cas saoudien a occupé une place centrale dans son propos. Renard a rappelé que la sélection des Faucons Verts évolue dans une forme d’instabilité chronique, avec des changements de sélectionneur à répétition à l’approche des Coupes du monde. Dans ce contexte, il estime avoir rempli sa part du contrat: qualifier l’équipe pour le Mondial.
Le Français insiste sur un point précis: l’objectif fixé par la Fédération saoudienne de football a bien été atteint. Il rappelle même que, sur les sept qualifications de l’Arabie saoudite à une Coupe du monde, six ont été précédées d’un changement de coach. Autrement dit, il se voit moins comme une victime d’un revers personnel que comme un entraîneur pris dans une mécanique bien plus large.
Son départ n’a donc rien, selon lui, d’une sanction sportive au sens strict. Renard dit avoir simplement fait partie de ces techniciens remerciés avant l’échéance finale. Une nuance importante, car elle lui permet de défendre son bilan tout en évitant toute posture défensive.
Le passage en Tunisie, une mission vécue comme un défi extrême
Le discours a ensuite glissé vers la Tunisie, où Renard reconnaît avoir accepté une situation particulièrement délicate. Il évoque un appel reçu alors qu’il suivait tranquillement les matchs depuis chez lui, à un moment où les Aigles de Carthage traversaient déjà une période lourde après une lourde défaite contre la Suède.
Dans son récit, il ne nie pas que l’entreprise était compliquée. Mais il la présente comme un défi, pas comme une impasse. L’ancien sélectionneur de la Tunisie affirme n’avoir rien eu à perdre en acceptant cette mission, même si les résultats auraient pu être meilleurs.
Pour lui, cette expérience a aussi eu une valeur sportive et humaine. Elle s’inscrit, dit-il, dans une trajectoire qui l’a maintenu dans l’orbite des grandes compétitions, avec toujours la perspective d’une Coupe du monde au bout du chemin.
La Côte d’Ivoire au centre, désormais
Ce retour en Côte d’Ivoire change pourtant la perspective. Renard le sait et il l’a dit sans détour: le passé appartient désormais au passé. À présent, son énergie doit se concentrer sur la sélection ivoirienne, sur ses ambitions et sur les attentes qui accompagnent ce nouveau départ.
Le Français insiste sur une idée simple: chaque aventure est différente. Un nouvel environnement, un nouveau groupe, de nouvelles exigences. C’est aussi ce qui nourrit sa carrière. Les difficultés rencontrées ailleurs ne l’empêchent pas d’avancer; elles alimentent au contraire son expérience.
Dans cette logique, Hervé Renard veut tourner la page des discussions sur ses anciennes missions. Il préfère parler du présent, du travail à venir et du défi que représente la Côte d’Ivoire. Pour lui, le message est limpide: ce qui compte maintenant, c’est de répondre aux attentes des Éléphants et de construire une nouvelle histoire.
Un retour sous surveillance, mais avec une ligne de conduite claire
Ce discours vise aussi à installer une forme de sérénité autour de son retour. Renard sait que son nom suscite des attentes fortes en Côte d’Ivoire, où son premier passage reste associé à des souvenirs marquants. Dans ce contexte, il choisit la retenue plutôt que la surenchère.
Sa méthode reste la même: ne pas s’enfermer dans les bilans trop vite, accepter les aléas d’une carrière d’entraîneur et avancer. Le Français s’inscrit ainsi dans une posture de continuité, avec une ambition intacte mais une lecture lucide du métier. Le chantier ivoirien commence maintenant, et c’est là, seulement là, que son nouveau mandat sera vraiment jugé.
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