Trois défaites en phase de groupes, une première participation historique à la Coupe du monde, et un débat national sur les résultats obtenus : le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev a choisi le camp de l’apaisement. Lors de la Journée de la jeunesse, le 30 juin, il a pris la parole pour défendre les joueurs de la sélection nationale et tracer une perspective à long terme pour le football ouzbek. Son message, relayé par son secrétaire de presse Sherzod Asadov, tranche avec les critiques qui circulent dans l’opinion publique depuis l’élimination de l’équipe.
Une première mondiale entre fierté historique et résultats décevants
L’Ouzbékistan disputait pour la première fois de son histoire la phase finale d’une Coupe du monde. Placée dans un groupe particulièrement relevé, la sélection dirigée par l’Italien Fabio Cannavaro – ex-capitaine de la Squadra Azzurra et vainqueur du Mondial 2006 – a affronté des équipes d’un niveau sensiblement supérieur. Contre la Colombie, classée 13e au rang FIFA, elle s’est inclinée 1-3, Abbosbek Fayzullayev inscrivant le premier but de l’histoire de l’équipe nationale en Coupe du monde. Face au Portugal, cinquième mondial, la défaite a été plus sévère : 0-5. Le troisième match, perdu 1-3 contre la République démocratique du Congo, dont plusieurs joueurs évoluent dans des clubs européens de premier plan, a scellé l’élimination au stade de groupes. Ce dernier duel faisait écho à l’affiche analysée dans notre pronostic DR Congo Ouzbékistan Mondial 2026, très suivi par les parieurs africains.
Eldor Shomurodov, attaquant expérimenté du championnat européen, a lui aussi inscrit son premier but dans la compétition, aux côtés de Fayzullayev. Cannavaro, après la lourde défaite contre le Portugal, a assumé publiquement sa part de responsabilité tout en exprimant sa fierté envers ses joueurs – une posture qui a été saluée dans plusieurs milieux sportifs.
Le président tranche : l’heure est au rassemblement, pas à la polémique
La réaction de Mirziyoyev intervient dans un contexte où les critiques envers les joueurs se sont multipliées sur les réseaux sociaux et dans les médias. Le président a refusé de valider cette dynamique. « Faire des déclarations trop émotionnelles contre les membres de notre équipe qui ont défendu l’honneur de la patrie, chercher à les prendre en faute, ce n’est pas dans l’esprit de notre peuple », a-t-il déclaré. Cette prise de position, formulée devant un public de jeunes, revêt une dimension symbolique : elle s’adresse autant aux supporters qu’aux commentateurs et aux acteurs institutionnels du football ouzbek.
Le chef de l’État a souligné que les matchs disputés aux États-Unis et au Mexique ont constitué une expérience irremplaçable pour les joueurs, qu’aucune préparation domestique ne peut reproduire. Affronter des équipes classées parmi les meilleures du monde expose une sélection à un niveau d’intensité, de pressing et de lecture tactique qui forge les générations futures. C’est précisément cet argument qui structure le discours présidentiel : la défaite comme investissement dans la durée. Une dynamique que l’on retrouve aussi dans d’autres sélections émergentes, comme le montre l’analyse de la phase de groupes dans le football africain s’impose au Mondial 2026.
Un programme de développement structurel annoncé
Au-delà du message d’unité, Mirziyoyev a esquissé des orientations concrètes. Le développement du football de formation – notamment le football pour enfants, qu’il souhaite transformer en « mouvement national » – figure en priorité. L’investissement dans les infrastructures et la formation des jeunes joueurs constitue, dans les pays qui ont connu des progrès rapides sur la scène internationale, l’un des leviers les plus déterminants sur le long terme.
À court terme, le président a fixé un objectif immédiat : préparer sans délai la participation à la Coupe d’Asie, prévue en janvier prochain en Arabie saoudite. « Nous croyons en notre équipe et nous la soutiendrons dans ce tournoi avec tout notre peuple ! », a-t-il affirmé. Cette compétition continentale représente une échéance concrète sur laquelle canaliser l’énergie et l’ambition sportive nationale après l’expérience mondiale. Pour une sélection qui vient de mesurer l’écart qui la sépare des meilleures nations du football mondial, la Coupe d’Asie offre un cadre plus immédiatement accessible pour construire confiance et résultats.
Ce que révèle le discours présidentiel sur le football comme projet national
La prise de parole de Mirziyoyev n’est pas anodine. Dans de nombreux pays, le football national cristallise les attentes collectives au point de générer des réactions disproportionnées face aux défaites. La décision d’un chef d’État de s’exprimer publiquement pour modérer ces réactions dit quelque chose sur le rôle que joue désormais ce sport dans la construction identitaire nationale en Ouzbékistan. La première qualification en Coupe du monde a transformé la sélection en symbole – et les symboles, une fois exposés, s’exposent aussi aux désillusions.
L’enjeu, pour les années à venir, est de pérenniser l’élan généré par cette qualification historique sans laisser l’impatience ronger les fondations d’un développement qui prend nécessairement du temps. Les nations qui ont émergé sportivement sur la scène mondiale – en Asie comme ailleurs – l’ont fait sur des cycles de dix à quinze ans, en investissant massivement dans la formation, les infrastructures et l’exposition internationale de leurs jeunes talents. L’Ouzbékistan, fort d’une population jeune et d’une volonté politique affichée, dispose des conditions pour s’inscrire dans cette trajectoire. Pour les supporters et parieurs ouzbeks comme africains, suivre cette progression passe aussi par le choix de plateformes fiables, à l’image de Betway Côte d’Ivoire, référence en matière de paris sportifs en ligne dans la sous-région.