Le HCR aligne une équipe symbolique de réfugiés pour le Mondial 2026


Onze joueurs professionnels dont le parcours a été marqué par l’exil ont accepté de former une équipe symbolique parallèle à la Coupe du monde 2026 : la Gamechanging Team, initiative du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Cette équipe, qui ne disputera aucun match, vise à utiliser la vitrine planétaire du tournoi pour sensibiliser le grand public au sort des personnes déplacées. Elle s’inscrit dans une tradition onusienne qui remonte aux Jeux olympiques de Rio en 2016, lorsqu’une équipe de réfugiés avait concouru pour la première fois sous bannière neutre. Pour les parieurs, ce Mondial 2026 est aussi l’occasion de suivre de près les affiches et de consulter par exemple le pronostic Afrique du Sud Canada proposé par nos experts.

Des trajectoires personnelles au service d’un message collectif

La composition de cette équipe fictive n’a rien d’anodin. Alphonso Davies, capitaine désigné, est né dans un camp de réfugiés au Ghana de parents libériens ayant fui la guerre civile. Réinstallé au Canada à l’âge de cinq ans grâce au dispositif de l’ONU, il est devenu en mars 2021 le premier footballeur à être nommé Ambassadeur mondial de bonne volonté du HCR. « C’est très particulier de mener cette équipe – un groupe de joueurs dont l’enfance a été marquée par la guerre et le déplacement », confie-t-il. « Dans des moments comme celui-ci, j’espère que nous pouvons apporter de l’espoir et rappeler que, quel que soit l’âprete du chemin, il est toujours possible de s’épanouir. » Davies, blessé en début de tournoi, ne peut défendre les couleurs canadiennes sur le terrain ; il porte celles de millions d’exilés hors des pelouses.

Parmi les autres membres figure Antonio Rüdiger, défenseur de la sélection allemande, dont les parents ont quitté la Sierra Leone pour l’Allemagne en quête de sécurité. Il souligne l’importance de l’accès à l’éducation, au sport et aux soins pour les familles déplacées, résumant son engagement en une formule directe : « Chaque enfant mérite de grandir, de rêver et de réussir. » Awer Mabil, international australien d’origine sud-soudanaise né dans le camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya, agit quant à lui de manière concrète via son organisation Barefoot to Boots, qui collecte chaussures et équipements de football pour les réfugiés du camp où il a lui-même grandi.

La plupart de ces joueurs participent activement au Mondial avec leurs sélections nationales respectives – ce qui confère à l’initiative une résonance particulière : leurs visages sont déjà connus des téléspectateurs du monde entier. Le HCR exploite cette exposition pour transformer chaque apparition sur le terrain en vecteur de sensibilisation indirect. Sarah Epstein, chargée de communication au HCR, explique à InfoMigrants que les onze joueurs « partagent leurs témoignages personnels et invitent le public à faire preuve d’empathie envers les réfugiés ».

Une visibilité artistique et institutionnelle assumée

L’initiative ne se limite pas à un communiqué de presse. Une œuvre de l’artiste et militante canadienne Carling Jackson, mettant en scène cette équipe symbolique, est exposée au siège des Nations Unies à New York jusqu’en juillet 2026. Une vidéo réunit également les onze joueurs, chacun y racontant son parcours migratoire. Ces supports prolongent le message au-delà du calendrier sportif et ciblent en particulier les jeunes vivant dans des camps de réfugiés, à qui le HCR entend signifier que « la sécurité, la compréhension et la possibilité de réaliser leurs rêves » ne leur sont pas inaccessibles.

Le choix du football comme terrain d’action n’est pas nouveau pour l’ONU. Depuis une décennie, plusieurs agences onusiennes ont recours au sport pour porter des messages d’inclusion, conscientes de sa capacité à transcender les frontières linguistiques et culturelles. La Coupe du monde, événement regardé par des milliards de personnes, constitue l’amplificateur idéal pour ce type de campagne. Dans cette dynamique, les supporters peuvent aussi s’intéresser aux enjeux sportifs détaillés dans le tableau complet des matchs, résultats et enjeux du tournoi.

Une initiative rattrapée par la réalité des politiques migratoires

L’ambition humaniste de la Gamechanging Team se heurte pourtant à une réalité difficile à ignorer. Le Mondial 2026 se tient aux États-Unis, au Mexique et au Canada – et la politique migratoire de l’administration Trump jette une ombre profonde sur l’esprit de cohésion que promeut le HCR. Des photos de contrôles douaniers menés sur le tarmac d’un aéroport américain, visant directement des membres de la sélection sénégalaise, ont suscité l’indignation de la presse internationale. Le capitaine de l’équipe d’Irak, Ayman Hussein, a de son côté subi sept heures de contrôle à son arrivée sur le sol américain.

Face à ces incidents, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a pris la parole début juin : « J’espère sincèrement qu’il y aura une réévaluation fondamentale de la manière dont la mise en œuvre des politiques migratoires affecte les droits et la dignité humaine, et que – en particulier dans le contexte de la Coupe du monde – nous repensions les politiques qui semblent actuellement prévaloir, notamment aux États-Unis. » Ces mots illustrent la tension criante entre le message d’ouverture porté par des initiatives comme celle du HCR et les pratiques concrètes auxquelles sont soumis, à la frontière américaine, des joueurs et des supporters venus du monde entier.

La Gamechanging Team n’a pas vocation à résoudre cette contradiction. Mais elle la rend visible – et c’est peut-être là, plus que dans n’importe quel match, que réside son véritable enjeu. Pour ceux qui souhaitent accompagner ce Mondial côté paris sportifs, il est possible de comparer les offres des principaux opérateurs grâce à notre guide bookmakers dédié à la Côte d’Ivoire.

auteur

Kouadio Yao

Kouadio Yao a fondé Bookmakers225.ci. Début de carrière en 2015. Journaliste indépendant à Abidjan. Plusieurs publications sportives. Pigiste. De 2017 à 2020, rédacteur en chef dans un quotidien. Trois ans de rythme quotidien. En 2024, lancement de son propre site.…

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