Aubrey Modiba a pris la parole clairement : Hugo Broos doit rester sélectionneur de l’Afrique du Sud. Après l’élimination de Bafana Bafana par le Canada en huitième de finale de la Coupe du monde 2026 – une défaite 1-0 à SoFi Stadium, à Los Angeles – le milieu de terrain sud-africain a exprimé le souhait de voir le technicien belge poursuivre son œuvre, notamment en vue de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations. C’est la voix d’un vestiaire qui, visiblement, ne veut pas rompre avec celui qui a profondément reconfiguré le football national. Pour les parieurs, ce parcours nourrit aussi l’intérêt pour le pronostic Afrique du Sud Canada Mondial 2026, reflet des progrès de Bafana Bafana.
Un bilan qui parle en faveur de Broos
Broos a 74 ans et détient déjà le record de longévité parmi les sélectionneurs de Bafana Bafana depuis sa prise de fonction en 2021. Il héritait alors d’une sélection qui venait de rater la qualification pour la CAN de cette même année, terminant troisième d’un groupe composé du Ghana, du Soudan et de Sao Tomé-et-Príncipe. La marque laissée depuis est considérable : une troisième place à la CAN 2023, premier podium continental du pays depuis 2000, puis une qualification historique pour le Mondial 2026, la première en vingt-quatre ans pour l’Afrique du Sud. Et désormais, pour la première fois, un accès au stade des huitièmes de finale d’une Coupe du monde.
Modiba ne mâche pas ses mots sur l’impact du Belge. « Il a changé le football sud-africain, si l’on est honnête. Nous ne nous qualifions pas pour ces grands tournois de façon régulière. Il a changé cela. » Ce type de régularité dans les qualifications, longtemps absente, représente un vrai tournant structurel pour un pays dont les ressources footballistiques n’ont jamais manqué, mais dont la cohérence sportive a souvent déçu. Cette progression s’inscrit dans un contexte où le football africain s’impose au Mondial 2026 et redéfinit les rapports de force mondiaux.
Des « affaires non réglées » avec la CAN
La position de Broos lui-même a évolué. Celui qui avait annoncé que le Mondial 2026 serait son dernier engagement professionnel, après six décennies dans le football de haut niveau, a depuis nuancé cette déclaration. Il envisagerait de continuer à collaborer avec la Fédération sud-africaine (Safa), même si ce rôle pourrait ne pas être celui de sélectionneur principal. C’est précisément ce scénario que Modiba refuse.
« J’espère qu’il reste. J’espère vraiment qu’il reste ! Il a des affaires non réglées avec la CAN. Donc j’espère qu’il reste », a-t-il insisté. La référence à la CAN n’est pas anodine. La prochaine édition se tiendra en juin et juillet 2026 en Ouganda, en Tanzanie et au Kenya. Bafana Bafana se trouve dans un groupe qualificatif avec le Kenya – déjà qualifié en tant que coorganisateur -, l’Érythrée et la Guinée. Une seule place est à prendre. L’enjeu est direct, et le calendrier, serré.
Une jeunesse qui promet, des erreurs à corriger
L’un des marqueurs les plus significatifs du travail de Broos reste sa capacité à intégrer une jeune génération au plus haut niveau. Face au Canada, il alignait quatre joueurs de moins de 23 ans dans le onze de départ : Mbekezeli Mbokazi, Ime Okon, Relebohile Mofokeng et Thapelo Maseko. Sur le banc figuraient également Olwethu Makhanya, Khulumani Ndamane et Samukele Kabini. « Il y a beaucoup de jeunes. Ils jouent et ils s’en sortent bien. L’avenir est brillant pour eux », a estimé Modiba, qui voit dans cette relève une garantie de compétitivité à moyen terme.
Mais Modiba pointe aussi les failles que le Mondial a exposées. Bafana ont pris l’habitude de concéder des buts en début de match, un défaut de concentration qui, contre des équipes de premier plan, se paie cash. « Les leçons que nous tirons de ce tournoi, c’est que quand tu commets des erreurs, ces équipes te punissent, vu leur niveau de qualité. » La marge entre l’élimination prématurée et un parcours plus loin est, à ce niveau, précisément celle-là : la capacité à rester concentré sur l’intégralité d’un match, sans laisser le moindre espace à l’adversaire.
Une succession en suspens, un choix structurant
La Safa n’a pas encore tranché. Le nom de Pitso Mosimane circule comme successeur potentiel si Broos venait à partir. Entraîneur sud-africain le plus titré à l’échelle continentale, Mosimane représenterait une option prestigieuse mais d’une philosophie différente. Le choix qui se pose à la fédération va au-delà d’un simple remplacement de poste : il engage la direction tactique et identitaire que prendra Bafana Bafana après une période de reconstruction réussie.
Modiba résume d’une formule ce que Broos a construit en quatre ans : « Nous croyons en nous-mêmes, et nous croyons que nous pouvons rivaliser avec n’importe quelle équipe. » Changer de sélectionneur au moment où cette conviction vient d’être testée sur la scène mondiale comporte un risque réel. Celui de briser une dynamique mentale qu’on ne reconstruit pas par décret. Pour suivre et miser sur cette dynamique, les supporters ivoiriens peuvent s’appuyer sur les analyses des meilleurs bookmakers disponibles en Côte d’Ivoire.